Le haut fourneau n°2 arrété pour une durée indéterminée. ROBERT TERZIAN
Arcelor. Arrêt du haut fourneau n°2 et mise en chômage
partiel des salariés durant le deuxième trimestre.
Grandange, Florange… et demain Fos ? C’est l’épée de Damoclès qui est suspendue au-dessus des têtes
des salariés de l’unité des Bouches-du-Rhône. Au vu des mesures de réduction de la production et de la décision d’arrêt du haut fourneau n°2 à compter du 22 avril « pour une
durée indéterminée » mais qui pourrait bien atteindre trois trimestres, et de mise en chômage partiel des salariés, il y a en effet de quoi être inquiet.
Deux décisions annoncées, hier matin, lors d’un Comité d’entreprise extraordinaire. « Dans un site
très fragilisé », comme le souligne Michel Tosi, délégué syndical CFDT. « En ce qui concerne le haut fourneau, l’arrêt pourrait atteindre les dix huit mois. Après un arrêt de
trois mois, du 16 novembre au 23 février dernier. Quant au chômage partiel durant le deuxième trimestre, il sera de 17 jours, ce qui représente une perte quotidienne de 30 à 50
euros selon les salaires. »
Après l’annonce de la mise en chômage partiel d’un millier de salariés de l’unité de Florange, le
moral du personnel de Fos est au plus bas. Même si la détermination est grande pour sauver cet outil industriel de premier ordre, source importante d’activités sous-traitantes.
« Les journées de chômage partiel et l’arrêt du haut fourneau n’ont pas seulement des incidences financières, mais humaines », affirme encore Michel Tosi. Surtout après
l’annonce de la direction de l’écroulement des commandes pour le deuxième trimestre et du peu d’espoir d’amélioration pour les six trimestres à venir.
La CGT estime pour sa part que « ces nouvelles ne sont pas une surprise ». « Nous avions déjà alerté
le personnel lors de l’assemblée générale du 7 avril, souligne Jacques Bidart. Ce que nous demandons aujourd’hui, si comme il est probable l’arrêt du haut fourneau est programmé
pour 18 mois, c’est que cette interruption de l’activité soit mise à profit pour procéder à la rénovation du site afin que celui-ci soit capable de répondre aux besoins du
marché. » Le syndicat se propose également d’interpeller les pouvoirs publics, tout comme la CFDT « qui lance un appel au secours aux politiques, car c’est tout le bassin de Fos
qui est en grave danger », rappelle Michel Tosi. « Ce sont des milliers d’emplois qui sont immédiatement menacés, confirme Jacques Bidart. En dehors des salariés de
l’entreprise, contrairement à ce qu’affirme la Direction, qui estime que seuls 350 sous-traitants seront touchés, le chiffre de 1 500 nous semble beaucoup plus réaliste.
»
Ainsi ArcelorMittal concrétise-t-il son objectif de réduction de plus de 50% de sa production dès le
mois d’avril. « C’est désormais la guerre pour ne pas sombrer », a déclaré la direction de l’unité de Fos aux salariés. Et Michel Tosi de rappeler, que « comme dans toutes les
guerres, ce sont toujours les mêmes qui servent de chair à canon ».
GERARD LANUX
|