Selon l’AFP, l’Assemblée nationale a adopté un amendement UMP qui entend étendre le champ de compétences des sage-femmes à la prévention du cancer du col de l’utérus par l’usage d’un frottis cervico-utérin et la presciption de contraception.
10 mars 2009
Depuis des années, on ne forme plus de médecins gynécologues.
Il n’y a malheureusement pas qu’en gynécologie qu’il y a pénurie : l’instauration du numerus-clausus n’incite pas à la croissance du nombre de médecins en rapport avec la croissance de la population. Et ce n’est certes pas en essayant d’attirer les médecins dans les zones désertées de nos campagnes avec des mesures incitatives que le phénomène inverse va s’effectuer.
Les sages-femmes font très bien leur métier en ce qui concerne les naissances. Elles accompagnent les futures mères tout au long de leur grossesse jusqu’à l’accouchement, voire la période qui suit. Cependant, en cas de difficulté (césarienne par exemple), ce sont les gynécologues-obstétriciens qui interviennent.
Mais qu’une sage-femme remplace un médecin en ce qui concerne la prévention du cancer ou la prescription de la contraception, il n’y a qu’un pas à franchir, et celui-ci fut fait par l’UMP.
La contraception et le dépistage du cancer ne sont pas des sous-zones médicales. Ce sont des cas de santé publique. Il faut trois ou quatre années pour former une sage-femme, et au minimum sept années pour former un médecin généraliste. Avec tout leur savoir, les médecins ne sont pas à l’abri d’une erreur de diagnostique. Qui va nous faire croire que les sages-femmes seront le personnel le plus adéquat pour ces situations médicales qui touchent les femmes ?
Le taux de mortalité prénatale et néonatale en France sont parmi les plus bas du monde. Beaucoup de pays nous enviaient notre organisation de santé. Or, avec la mise en place d’une politique qui comptabilise, organise les actes médicaux en fonction de critères de marchandise, nous ne pouvons que nous inquiéter de cette nouvelle mesure.
C’est une des contradictions du capitalisme : favoriser ce qui est utile aux humains ou favoriser la rentabilité.
Une autre politique est possible ! On ne peut pas accepter une régression au niveau des soins : le développement des sciences, de la médecine doivent être mis au service de l’humanité.
Réduire de 40% les subventions du Planning Familial, permettre l’extinction d’un corps médical réputé pour les femmes (gynécologues), élargir les compétences des sages-femmes qui ne seront certainement pas mieux payées, fermer les hôpitaux de proximité (avec leurs maternités), tout cela répond à un seul objectif : RÉDUIRE LES DÉPENSES.
L’Europe libérale l’a dit, la France de droite le fait !
Sans avoir le moindre état d’âme sur le sort des futures victimes qui devront encore se prendre en charge seules. Alors qu’une politique de prévention dans
ces domaines est plus que nécessaire....
Brigitte Masson
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