Les 555 licenciements de Total c'est un véritable scandale !

Total, qui a dégagé en 2008 le plus gros profit jamais réalisé par un groupe français, en hausse de 14% sur un an à 13,9 milliards d’euros, a annoncé mardi une restructuration en France de ses activités de raffinage et pétrochimie, qui va entraîner 555 suppressions de postes d’ici 2013.
Les 555 suppressions d’emploi annoncées mardi par le géant pétrolier Total sont "indéfendables" et "injustifiables" au regard des "profits records" enregistrés par le groupe français en 2008, a jugé mercredi le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault.
"C’est à la fois indéfendable et injustifiable" (…) pour un groupe "dont on dit qu’il a fait 14 milliards de profits records, dans une période où l’on dit que l’emploi est la préoccupation numéro un (…), comment peut-on justifier que des entreprises qui sont dans une telle situation financière puissent justifier l’annonce de suppressions d’emplois" a déclaré M. Thibault sur LCI.
"Le président de la République a déjà dit dans des discours forts qu’on allait passer à un nouveau type de
capitalisme, qu’il allait y avoir des comportements à surveiller, qu’il n’admettrait pas que des entreprises profitent de cette situation pour justifier des mesures de restructuration
injustifiables. Entre le discours et les actes, nous attendons confirmation", a-t-il lancé.
Le Havre premier touché
Les restructurations annoncées mardi par Total dans ses activités de raffinage et pétrochimie auront un impact principalement concentré dans la région du Havre (Seine-Maritime) où sont
localisés 383 des 555 postes supprimés, selon les chiffres fournis par la direction.
Le projet comprend la suppression de 199 postes à la raffinerie de Gonfreville l’Orcher, 130 au complexe pétrochimique qui lui est associé et 54 à l’usine de butanol de Notre-Dame de Gravenchon qui sera fermée. Mais les syndicats évaluaient mercredi les pertes d’emplois à plus de 450 au total dans cette région de Seine-Maritime, un poste pouvant représenter plusieurs emplois.
Ces plans sont annoncés alors que les deux autres piliers de l’économie havraise, l’automobile et le port, sont également en difficulté. Renault achèvera dans les prochaines semaines un plan de suppression de mille emplois dans son usine de Sandouville et le port doit faire face à la contraction brutale des échanges économiques mondiaux.
Dans un communiqué, le groupe pétrolier parle d’un "ajustement des effectifs" d’ici 2013 sans licenciement grâce à des reclassements internes, des départs à la retraite, des pré-retraites maison et un dispositif de dispense d’activité. Ces plans s’accompagnent d’importants investissements qui se montent à un milliard d’euros sur ses sites havrais, 770 millions dans le raffinage et 230 millions dans la chimie.
Pour atténuer le scandale naissant, il y aura "zéro licenciement" a affirmé Total, mais notamment des départs volontaires à la retraite.
"Ce plan est essentiellement un plan d’investissement pour moderniser et pérenniser notre raffinage et notre pétrochimie", a dit le secrétaire général du groupe.
Il y a eu "sans doute" une mauvaise communication. "Des hommes politiques ont commenté des informations incomplètes et n’étaient pas totalement informés", a estimé M. Guilbaud.
Répondant aux critiques de la CGT qui accuse Total de vouloir se désengager progressivement de son activité de
raffinage en France, M. Guilbaud a répondu qu’"un industriel qui investit plus d’un milliard d’euros dans des activités en France, le raffinage et la pétrochimie, n’a pas l’intention de
quitter ses activités. Nous croyons au raffinage en France".
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