Face à la crise
Cap tenu vers un 19 mars unitaire !

Les huit organisations syndicales confirment leur volonté d’action. Elles appellent à cette journée interprofessionnelle de grèves et de manifestations.
« Donc le 19 mars est confirmé ! » Gabrielle Simon, représentant la CFTC à la réunion intersyndicale qui s’est tenue à son siège hier matin, a ainsi présenté la déclaration
commune (voir ci-dessous) adoptée après moins de trois heures discussions par la CFDT, la CFTC, la CFE-CGC, la CGT, FO, la FSU, Solidaire et l’UNSA. Une déclaration attendue après le
« sommet social » du 18 février à l’Élysée. Les huit organisations précisent que la journée donnera lieu à des « grèves et des manifestations dans tout le pays » le 19.
Elles ont prévu de se revoir, dès le lendemain, le 20 mars. Depuis la décision du 15 décembre de lancer une journée de mobilisation pour le 29 janvier, la publication de leur plate-forme
commune le 5 janvier, l’unité syndicale tient. Elle a permis, le 29 janvier dernier, une mobilisation exceptionnelle des salariés du public et du privé. C’est, selon les syndicats, ce qui a
contraint le président de la République à « une légère inflexion sociale à son plan de relance ». Et parce qu’ensemble ils estiment que « la crise nécessite des réponses d’une
tout autre portée » que les quelques inflexions consenties par le président de la République, les syndicats décident de poursuivre leur action dans l’unité.
Une mobilisation de très haut niveau
« Je veux dire à l’ensemble des salariés, retraités et demandeurs d’emploi à quel point il y a besoin qu’ils soient présents nombreux dans les manifestations et les grèves du 19 mars avec
l’ensemble des syndicats, a déclaré Maryse Dumas, pour la CGT. C’est par cette mobilisation que nous obtiendrons de nouvelles mesures pour sortir de la crise, pour les salaires, pour créer des
emplois dans le pays. C’est aussi le seul moyen d’obtenir des mesures de justice sociale, qui fassent reculer le pouvoir patronal, le pouvoir des actionnaires et qui reconnaissent aux salariés
leur juste place dans la société. »
Tour à tour, les représentants des syndicats ont exposé leurs critiques aux mesures annoncées le 18 février, selon
eux « trop parcellaires pour modifier le cap de la politique gouvernementale ». Pour la CFTC, la réponse « n’est pas à la hauteur des enjeux ». « La crise n’est pas
terminée, assure Michèle Biaggi, pour FO. Il faut une relance par la consommation et nous n’avons rien sur le pouvoir d’achat. Augmenter le SMIC, c’est la responsabilité du gouvernement,
augmenter les salaires et ouvrir de vraies négociations salariales, c’est la responsabilité du patronat. Il faut continuer car il faut qu’ils nous entendent. » « Les mesures annoncées
ne rétablissent pas l’équilibre entre la relance par l’investissement et la relance par la consommation », estime Gérard Labrune, de la CFE-CGC, qui « nourrit de fortes suspicions sur
la volonté du MEDEF, très dogmatique, de s’impliquer véritablement » dans des négociations. « Les déclarations, jugées souvent provocatrices, de la présidente du MEDEF sont un
handicap pour des négociations loyales », renchérit Jean Grosset, de l’UNSA. Marcel Grignard, de la CFDT, souhaite que « les débuts de réponses du 18 février, qui ne sont pas
négligeables, trouvent leurs concrétisations et leurs prolongements dans les semaines qui viennent ». Il espère que le 19 mars permette de « franchir un pas
nouveau ».
Franchir un pas nouveau
Loin, pas loin le 19 mars ? « La question n’est pas là, pour Annick Coupé, de l’union syndicale Solidaire. La question est de savoir comment on s’organise au plan national, comment on
préserve l’unité syndicale qui est déterminante pour réussir le 19 mars comme elle l’a été pour le 29 janvier. » Une unité que Gérard Aschieri, pour la FSU, qualifie d’exceptionnelle.
« Cela fait sept fois qu’on se réunit et qu’on tombe d’accord sur des analyses et des décisions d’actions, argumente le représentant de la FSU. En dépit des tentatives pour diviser, il y a
une conscience partagée de la gravité de la crise, de l’importance d’alternatives aux politiques avancées par l’Élysée et le patronat, et de l’enjeu de crédibilité posé aux syndicats. L’unité
est un facteur de réussite et je suis optimiste pour le 19 mars. »
Olivier Mayer
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