La dérive sécuritaire du gouvernement qui appelle à la résistance !
Contre la « flichiatrie » de la société
« Nous refusons la politique de la peur ». Sous ce titre, vendredi dernier, dans le Monde, un collectif de
psychiatres, de syndicalistes, d’associations (LDH) et de représentants de partis (PCF, Verts, LCR) disait tout le mal qu’ils pensent des propositions du président de la République concernant
l’hospitalisation psychiatrique. Lundi, dans Libération, sous le titre « La relance d’une politique de la peur », trente-neuf psychiatres, représentants quasiment tous les syndicats
de la profession, - rendaient public un appel contre « le plan de mesures sécuritaires inacceptables » de Nicolas Sarkozy.
La dérive sécuritaire du gouvernement
Quelques jours auparavant, des professionnels de la psychiatrie, des associations de malades et des responsables d’hôpitaux avaient, dans un texte intitulé « Soins psychiatriques :
comprendre l’émotion, garder la raison », noté « la focalisation excessive de l’allocution du président de la République sur les seules questions d’ordre public et de
sécurité ».
Claude Louzoun, président du Comité européen : droit, éthique et psychiatrie, membre de l’Union syndicale de la
psychiatrie, est signataire des deux appels parus dans la presse. « Ils ne s’opposent pas. L’un a la volonté de s’ouvrir à la société civile, l’autre a pour vertu d’unir l’ensemble des
syndicats de psychiatres. Sans doute, y a-t-il des différences d’appréciation entre eux mais ils dénoncent fortement, tous les deux, la dérive sécuritaire du gouvernement. » L’un -
stigmatise l’amalgame entre « ordre public et obligation de soins » s’inscrivant dans un « ensemble liberticide », l’autre s’alarme de voir « les fondements même de la
psychiatrie attaqués avec la plus grande brutalité », de voir amalgamer « la folie à une pure dangerosité sociale, en assimilant la maladie mentale à la délinquance » pour
justifier « un plan de mesures sécuritaires inacceptables ». L’un considère que le projet sarkozien « placerait le sujet sous un régime de liberté surveillée », l’autre
refuse que des citoyens (leurs patients) « soient jetés en pâture à la vindicte populaire pour maintenir de manière forcenée, irresponsable, le ferment de la
peur ».
Des textes qui appellent à la résistance
Les deux textes se terminent par des appels à la résistance. Les uns « refusent de servir de caution à cette dérive idéologique de notre société » et de « trahir » leur
responsabilité et leur éthique, les autres déclarent vouloir « résister concrètement et solidairement » et appeler « tous ceux qui agissent à élaborer un manifeste constituant
d’un front du refus ». Dans les jours qui viennent, les signataires des deux textes doivent se retrouver.
Dany Stive
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