L’invité de la semaine
William Guyard, étudiant en IUT à Toulouse :
Je voudrais, aujourd’hui, vous parler de la mobilisation dans les IUT. À l’heure actuelle, plus de dix départements
du site de Toulouse sont mobilisés. Beaucoup sont en grève de manière à préparer des actions telles que la marche mortuaire qui a eu lieu mardi dernier dans les rues de Toulouse. Nous avons une
coordination des étudiants des IUT de Toulouse mais aussi une coordination pour les IUT de France, une pour les personnels et enseignants de Toulouse et, de la même manière, une pour ceux de
toute la France. Nous voulons nationaliser notre mouvement
de manière à faire entendre nos revendications le plus largement (et le plus clairement) possible.
Mais laissez-moi revenir en arrière. Lors d’une journée nationale d’information
dans les IUT, les enseignants nous ont donné l’état des négociations entre
le gouvernement et les directeurs d’IUT, jusqu’ici tenues quasi secrètes.
Les étudiants ont répondu par une mobilisation quasi instantanée et de premières manifestations où nous étions plus de 2 500 dans les rues de Toulouse. Puis nous nous sommes organisés afin
d’unifier le mouvement et d’éviter tout ce qui, tel que blocages de gares, de rocades, etc., nous mettraient l’opinion publique à dos.
Nous nous sommes tournés vers des actions originales comme vendre l’IUT sur Ebay, cette fameuse cérémonie d’enterrement, des concerts, des « freezes » (1), la dernière manifestation
en date a consisté à aller dans un grand supermarché et d’accrocher sur les chariots des
pancartes du type « IUT en danger »… et de se balader dans les rayons pour expliquer aux gens nos revendications. Car elles ne sont pas forcements simples. Beaucoup pensent que nous voulons le retrait
de la LRU (loi de responsabilité des universités), ce qui est complètement faux, nous manifestons pour faire avancer les négociations entre universités, IUT et ministère de manière à ce que nous puissions conserver un diplôme valable. En effet les décrets nous concernant dans la LRU, en réduisant de plus du quart nos moyens, nous feraient perdre beaucoup des enseignements technologiques
qui jusqu’ici faisaient notre force aussi bien dans le cursus d’études que dans l’insertion professionnelle. À ceci
s’ajoute le fait que nous passerions sous la dépendance des présidents d’université, ce qui
aurait pour conséquence une dénationalisation de la valeur du diplôme et une quasi-destruction du précieux réseau des IUT.
C’est pourquoi nos revendications sont les suivantes :
- garantir un contrôle du ministère sur les répartitions budgétaires entre les universités et les IUT avec la mise
en place d’un contrat (le CIPOM) financier entre ces deux derniers ;
- maintenir des budgets suffisants pour permettre
aux étudiants futurs de profiter de la même façon
d’un enseignement de qualité, reconnu par les entreprises
et les formations supérieures.
(1) Immobilisation collective.
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