Les lycéens varois et leurs professeurs sont moyennement satisfaits !
Saint-Raphaël (Var), correspondant régional.
En attendant la rentrée de 14 heures, réfugiés, pour cause de pluie battante, sous le préau des scooters, Amandine, Marion, Sébastien et Joey, tous élèves de seconde au lycée Saint-Exupéry,
commentent sans enthousiasme le report de la réforme Darcos. Comme le souligne Sébastien qui, le matin même, participait au blocus de cet établissement de mille élèves, « il a dit
suspendu, pas annulé… ». « Mais c’est quand même une victoire pour nous », s’empresse d’ajouter Joey qui a été de toutes les manifs, notamment celles de jeudi et vendredi
derniers où, avec le prompt renfort des voisins du lycée Camus, de Fréjus, alertés par SMS et sur Facebook, ils s’étaient retrouvés, malgré une pluie incessante, à près de mille sous les
fenêtres du sénateur et maire (UMP) Élie Brun à huer le ministre. Amandine reste elle aussi « un peu méfiante » après l’annonce matinale de Xavier Darcos, tout en se prononçant pour
une réforme - « mais une vraie ! » - des terminales « afin qu’aucun bac ne soit dévalorisé par rapport à un autre ». Quant à Marion, qui « s’est battue pour sa
petite soeur en troisième », elle se dit « moyennement satisfaite » car il se pourrait bien que « la réforme sortie par la porte à Noël rentre par la fenêtre pendant les
vacances scolaires de l’été, lorsqu’on sera démobilisés ». Elle rappelle aussi à ses copains que des milliers de postes vont être supprimés l’an prochain. Tous se déclarent prêts, si
besoin est, « à refaire des blocus et des manifs ».
Du côté des enseignants, les réactions sont également en demi-teinte, telle celle de Maryvonne Guigonnet,
responsable du SNES dans le Var : « C’est une première victoire puisque nous obtenons ce que tous les syndicats demandaient, c’est-à-dire que l’on ne prenne pas de décision pour les
classes de seconde dans la précipitation et que l’on reporte d’un an la réforme. Mais il reste le gros morceau du budget de l’éducation, qui demeure préoccupant. » C’est pourquoi les
réveillons revendicatifs ont été maintenus, hier soir, dans les lycées du Var où les chefs d’établissement les ont laissé se dérouler. Au fond, lycéens et enseignants en lutte ne croient pas
que l’obscur « Darcos Vador » se soit subitement transformé en gentil Père Noël.
Philippe Jérôme
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