Imposer une nouvelle démocratisation scolaire
15 octobre 2008
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Loin de penser l’école dont nous avons besoin, le gouvernement profite de ce qui ne fonctionne pas pour tout casser et pour appliquer ici et clé en main, le projet mis en place par tous les gouvernements libéraux du monde entier.
Dénonçons les arnaques !
La scolarité est de plus en plus décisive pour l’avenir des enfants. Les diplômes sont la meilleure arme contre le chômage, surtout en temps de crise. Depuis les origines de l’école publique, des avancées ont eu lieu : dans toutes les classes sociales, on étudie plus longtemps et plus de choses que les générations précédentes. Mais les inégalités demeurent : la proportion de familles privilégiées est plus grande dans les filières longues et élitistes ; les chances de s’approprier les savoirs ne sont toujours pas égales.
Face à ce constat, derrière les mensonges, la politique injuste de la droite et du patronat forme un projet d’ensemble : – conduire 50% d’une génération au niveau Licence (bac+3) pour former des « inventeurs » de produits commercialisables par l’économie capitaliste … sans que cette formation fasse réfléchir trop et réclamer de bons salaires… ils veulent aussi dépenser le moins possible pour les autres 50%... Former ainsi à moindre coût une partie seulement d’individus « rentables » nous enfoncerait dans la crise économique et le gâchis humain sans avenir. – réforme du lycée pour « orienter » tous ceux qui dépassent les 50%, comme si l’école devait être une machine à éliminer plutôt qu’à faire progresser – au collège et à l’école élémentaire réduction du socle commun (objectifs pédagogiques à plusieurs vitesses) et renvoi hors l’école du traitement de la difficulté scolaire : inutile pour la droite de donner à tous les élèves les mêmes outils de pensée – suppression de l’école maternelle qui prépare à l’entrée au CP ; suppression de la carte scolaire et du mélange des populations ; suppression de 3.000 postes d’enseignants qui font du soutien ; suppression de la formation des enseignants, du nombre de postes et du statut de fonctionnaire : tout cela est logique pour ceux qui ne veulent pas d’une égalité d’enseignement ! – obligation faite aux villes et départements par les nouvelles lois de financer les écoles privées quand la droite organise la pénurie du public : et ce serait aux familles de payer par l’impôt ! – diminution du temps de classe (samedi matin) pour enseigner davantage de savoirs (langue étrangère, etc.) : aux familles qui savent ou qui peuvent payer de compléter puisque l’enseignant ne pourra pas tout faire ! – par exemple, le Recteur envoyé par Sarkozy dans le Val-de-Marne veut expérimenter une école de 9h à 15h, du lundi au vendredi, mercredi compris. Qui pourra payer la garde des enfants après 15h ? Avec le risque ensuite de supprimer facilement l’après-midi pour n’avoir classe que le matin, avec une formation commune au rabais.
Voici 5 grands axes pour un autre projet d’ensemble, lancés dans le livre « École : en quête d’avenir » publié par le réseau école du Parti Communiste Français.
1. Les mêmes apprentissages scolaires ambitieux pour tous
L’école doit préparer les enfants à ce qui les attend en tant qu’adulte. Le monde de demain verra des inventions
toujours plus élaborées, complexes : il faut donc former les élèves à maîtriser (comprendre et retenir) une grande gamme de savoirs qui développent des capacités de réflexion plus grandes.
C’est un besoin pour tous les élèves, et pas seulement pour une partie d’entre eux. Enseigner une culture commune à tous les futurs citoyens, c’est s’assurer que notre société sera soudée, fondée
sur le partage et non pas sur la concurrence, le gâchis et le chaos du capitalisme.
Redynamisons la maternelle et tous les niveaux, allongeons la scolarité jusqu’à 18 ans, redéfinissons
les programmes scolaires pour former des esprits critiques, curieux d’apprendre des connaissances diverses.
2. Contre les inégalités : l’école à l’école
Tous les élèves peuvent apprendre ce qui est enseigné, mais pas dans les conditions d’aujourd’hui, encore moins avec
les réformes de la droite. D’autres conditions sont possibles :
Création d’un plan d’urgence contre les inégalités scolaires avec maintien du traitement de la
difficulté scolaire dans la compétence de l’école.
Sur dix ans, finançons un programme de recherche pour comprendre l’échec scolaire, pour aider les
professeurs et améliorer leur formation.
En 5 ans pré-recrutons chez les étudiants 150.000 enseignants et 45.000 personnels comme
fonctionnaires d’État assurant le même objectif dans toutes les villes et formons les pour relever le défi de la réussite scolaire de tous les élèves.
3. Le pouvoir de décision collective
Les choix pour l’école ne sont pas une affaire d’experts. Cela concerne tout les citoyens, tous les enseignants, tous
les lycéens et étudiants, tous les parents.
Les décisions doivent s’appliquer équitablement dans tous les établissements.
Création d’un réel statut de délégué parent d’élève.
Création d’une salle de rencontres enseignants / parents dans tous les établissements.
Meilleure prise en compte des syndicats enseignants, étudiants et lycéens.
4. Diplôme = qualification = salaires augmentés. Sécurisons les parcours d’emploi et formation
La formation professionnelle ne doit pas seulement former au poste de travail, mais aussi à une réflexion plus large
pour des changements de postes futurs.
Assurons et développons la reconnaissance des qualifications qu’apportent les formations scolaires et
professionnelles (donc leur traduction en salaires revalorisés) dans les conventions collectives menacées.
5. Des conditions matérielles et financières pour transformer l’école et la formation
A l’inverse des projets de la droite, les 4 premiers axes de ce projet impliquent de changer l’école non pas pour la
réduire, mais pour la relancer, pour lui faire passer un nouveau cap de démocratisation scolaire. Pour mettre en œuvre les propositions qui précèdent, il faut des moyens.
Doublons le budget du ministère de l’Éducation Nationale (de 63 Milliards d’euros aujourd’hui) pour
éviter les inégalités de traitement entre les villes et les familles lors de la formation initiale. Avec quel argent ? On nous a longtemps raconté qu’il n’y avait pas d’argent et que les
services publics en France et en Europe devaient être réduits. Mais aux dernières nouvelles, Sarkozy lâche 360 Milliards d’euros pour protéger les spéculateurs de la crise qu’ils ont
provoquée.
Les communistes entendent travailler à bousculer la fatalité avec toutes celles et tous ceux qui le souhaitent. Il faut une véritable insurrection intellectuelle face à ce projet régressif. Ensemble, nous avons la force de penser et d’imposer une alternative.
La très grave crise que nous traversons suscite partout inquiétudes et interrogations tant il est vrai qu’elle révèle la faillite de tout un système, celui de la quête sans fin de profits en dehors de toute rationalité économique et sociale.
Loin de s’interroger, de remettre en cause les dogmes libéraux qui nous conduisent à l’abîme, le gouvernement enfonce le clou.
D’abord en volant au secours des banques à concurrence de 360 milliards d’€ (le budget de l’Education Nationale est de 63 milliards toutes dépenses confondues), sans maîtrise publique sur l’utilisation de ces fonds qui vont alimenter l’incendie financier.
Ensuite en profitant de « l’aubaine » de cette crise pour justifier l’austérité budgétaire, notamment pour notre système éducatif, et tenter d’imposer de force en France comme partout ailleurs, le même modèle, forcément libéral.
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