Bagneux veut continuer sa politique solidaire
Si la réforme projetée de la DSU était appliquée, la ville perdrait près de deux millions d’euros. Et les habitants en subiraient les conséquences.
Près de deux millions. 1 971 000 euros précisément, perçus par la ville de Bagneux (Hauts-de-Seine) au titre de la dotation à la solidarité urbaine (DSU), l’année dernière, pourraient disparaître du budget communal si la réforme envisagée aboutissait. Quand on rentre dans le détail, c’est tout un pan de la politique sociale et éducative qui est menacée. Particulièrement dans les quartiers qui concentrent les difficultés. La liste des actions mises en place par la municipalité est longue : soutien à deux centres sociaux et culturels (150 000 euros), financement d’actions dans le cadre des contrats urbains de cohésion sociale que ce soit dans le domaine de l’insertion ou de la lutte contre l’échec scolaire dans les quartiers prioritaires (572 000 euros), développement de l’informatique dans l’ensemble des écoles (90 000 euros), allocation de rentrée scolaire (157 000 euros), ateliers de sensibilisation à la santé (14 000 euros), soutien à une crèche associative (63 000 euros), subventions aux associations (810 000 euros), classes de découverte (115 000 euros)…
« Bagneux cumule beaucoup de contraintes et la population a des besoins sociaux croissants. Or, nous n’avons pas les recettes suffisantes pour faire face. Les transferts de compétences et de charges de l’État vers les communes se font sans les transferts de financements correspondants. Sans la DSU, nous serions contraints de revoir nos ambitions à la baisse alors que beaucoup de nos actions pallient des carences de l’État et sont vitales pour les habitants », explique Yasmine Boudjenah (PCF), première adjointe au maire, déléguée aux finances et à la politique de la ville.
La perte de deux millions d’euros équivaudrait, pour Bagneux, à l’amputation de 10 % de ses recettes fiscales. Mais « il est hors de question d’augmenter les impôts à cette hauteur car cela reposerait, une fois de plus, sur les familles en difficulté », précise la première adjointe, qui dénonce l’injustice de la réforme de la DSU. « Cela va creuser encore plus les inégalités sociales. » Autre injustice, le choix du gouvernement de pénaliser les communes qui font « l’effort de répondre à la demande de logements sociaux. Dans les Hauts-de-Seine, quinze communes - toutes de droite - sur trente-six ne respectent pas la loi SRU sur les 20 %. À Bagneux, nous avons plus de 50 % de logements sociaux. Au final, les villes qui font le choix idéologique de rester des ghettos de riches seront renforcées », rappelle Yasmine Boudjenah.
Mais, pour l’heure, les élus n’entendent pas se résigner au pire. Ils vont multiplier les initiatives si possibles rassembleuses. Pour ce faire, l’urgence est à la mobilisation et à l’information des habitants. Une carte-pétition pré-affranchie demandant au premier ministre de renoncer au projet de réforme de la DSU sera fournie avec le prochain bulletin municipal à chaque famille balnéolaise dans le but de l’envoyer directement à Matignon.
« Le gouvernement sait que la DSU n’est pas un sujet facile d’accès à la population et qu’il peut faire passer son projet d’autant plus facilement. Nous devons donc montrer qu’il y a une urgence absolue à réagir », souligne Yasmine Boudjenah. Quant à Marie-Hélène Amiable, maire de Bagneux et députée communiste des Hauts-de-Seine, elle mènera la bataille dans l’Hémicycle, dans le cadre du débat sur la loi de finale.
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