« Nous voulons sensibiliser l’opinion et interpeller le gouvernement »
Claude Pernès, président de l’AMIF et maire (Nouveau Centre) de Rosny-sous-Bois, répond à nos
questions.
Y avait-il vraiment urgence à réunir les maires
d’Île-de-France concernés par ce projet ?
Claudes Pernès. Tous les élus que j’ai rencontrés sont inquiets. Avec ce projet, ce sont des sommes importantes pour les budgets communaux qui sont en jeu. Le manque à gagner, dès 2009,
mettrait les villes dans des difficultés insurmontables. J’ai donc considéré qu’il y avait urgence, dans le pluralisme, à mettre en place des initiatives pour persuader le gouvernement de
revenir sur son projet.
Ce projet remet-il gravement le principe de péréquation en faveur des villes aux
populations modestes ?
Claudes Pernès. Totalement. Nous savons bien qu’il y a des villes riches et des villes pauvres. Or, on ne cesse de reculer devant la nécessité de réformes pour une véritable péréquation. Et ce
qui existe, comme le fonds de solidarité de l’Île-de-France, s’étiole. Jusqu’à présent, la DSU, qui avait fait l’objet d’une forte augmentation ces dernières années, avait permis à des villes
aux dépenses sociales importantes pour répondre aux besoins de leurs populations de bénéficier de soutien. Ce coup d’arrêt du gouvernement mettrait à mal le principe même de
péréquation.
Quelles sont pour vous les conséquences prévisibles d’une telle
mesure ?
Claudes Pernès. Sur le logement social, des communes pourront se demander pourquoi continuer à construire des logements si l’on n’accompagne pas nos efforts. Mais la conséquence la plus grave
reste que, parmi toutes les villes ayant du mal à boucler leur budget, celles qui seront touchées par la réforme de la DSU risquent de compenser le manque à gagner par des augmentations
d’impôts.
Quelles initiatives entendez-vous prendre ?
Claudes Pernès. Il nous faut sensibiliser l’opinion et interpeller le gouvernement. C’est pourquoi l’ensemble des villes, celles qui sont touchées et les autres sont invitées à débattre de
cette question dans leurs conseils municipaux et à voter un voeu. D’autre part, nous demandons à être reçus par François Fillon, premier ministre, pour faire valoir nos inquiétudes et demander
le retrait de ce projet sur la DSU.
Entretien réalisé par M. S.
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