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Un long discours et de vagues ambitions

26-09-2008
 
La Marseillaise 

 

Si le Président de la République a vilipendé les conséquences de l’économie libérale qu’il défend pourtant, il annonce aussi un plan de rigueur afin de secourir les marchés spéculatifs. (Photo DR)
Si le Président de la République a vilipendé les conséquences de l’économie libérale qu’il défend pourtant, il annonce aussi un plan de rigueur afin de secourir les marchés spéculatifs. (Photo DR)
Crise financière. Sans surprise le chef de l’Etat a répété à Toulon, devant un parterre de militants UMP et chefs d’entreprises, les options économiques exposées lundi aux USA.

 

Sur le discours politique, Nicolas Sarkozy l’avait promis : « Il n’y aura rien de nouveau à Toulon ».
C’est plutôt en termes d’atmosphère, que le temps semblait changé, dès le début d’après-midi dans le Port du Levant, avant le meeting UMP du Zénith-Omega local. Grâce à une manifestation organisée par la gauche,  d’abord, puis par la vie, quoi.
Un couple de gens bien mis, parmi la foule de militants triés sur le volet (tout le monde était « trié », au demeurant, les militants, les élus, et bien évidemment les journalistes qui ont dû batailler ferme pour obtenir l’accréditation de la Présidence de La République) s’extasie devant l’armada des moyens audiovisuels mobilisés: « Waw les paraboles, t’as vu le matos » ?
Le patron de la droite française est chez lui visiblement.
D’ailleurs tout le monde en cause dans les (rares) artères non interdites à la circulation.
Dans les bistrots du secteur, où le CRS se désaltère en attendant la suite, ça donne immanquablement ceci : « Je peux pas bouger ma bagnole. Ou sinon on me la met à la fourrière ».
Pire, un jeune mec voulant emprunter un très pratique souterrain  permettant de passer la voie ferrée, se voit refouler par les forces de l’ordre : il ne peut pas rentrer chez lui.
Réponse implacable : « Il faut passer par le haut ».
Le « haut », pour un Toulonnais, c’est vingt minutes de marche (en montée forcément) dans cette cité coincée entre mer et montagne.


Quant au fond du discours sur la crise actuelle ?


« Elle aura des conséquences dans les mois qui viennent sur la croissance, sur le chômage, sur le pouvoir d'achat » assure le chef de l’Etat.
Puis viennent les poncifs allant avec. Du type : « L'autorégulation pour régler tous les problèmes, c'est fini. Le laissez-faire, c'est fini. Le marché qui a toujours raison, c'est fini ».
Ou encore :  « Les modes de rémunération des dirigeants et des opérateurs doivent désormais être encadrés (...). Ou bien les professionnels se mettent d'accord sur des pratiques acceptables, ou bien le gouvernement de la République règlera le problème par la loi avant la fin de l'année ». Allons-y gaiement : Les dirigeants « ne doivent pas pouvoir prétendre à un parachute doré lorsqu'ils ont commis des fautes ou mis leur entreprise en difficulté  (…) Ils ne doivent pas recevoir d'actions gratuites ». Ou bien encore : « leur rémunération doit être indexée sur les performances économiques réelles de l'entreprise ». Sans oublier : « les responsabilités doivent être recherchées et les responsables de ce naufrage au moins sanctionnés financièrement ».
Il faut encore selon Nicolas Sarkozy « réglementer les banques pour réguler le système » et « imposer aux banques de financer le développement économique plutôt que la spéculation » sans dévoiler comment.
« Il faut remettre à plat tout le système financier et monétaire mondial, comme on le fit à Bretton-Woods après la Seconde Guerre Mondiale, afin de créer les outils d'une régulation mondiale que la globalisation et la mondialisation des échanges rendent désormais nécessaires » liste encore le président.

Sécurité financière

« Quoi qu'il arrive, l'Etat garantira la sécurité et la continuité du système bancaire et financier français ». Et « si (les banques) devaient êtres mises en difficulté par la spéculation, je n'accepterai pas qu'un seul déposant perde un seul euro parce qu'un établissement financier se révèlerait dans l'incapacité de faire face à ses engagements ».
Et de rajouter : « Je ne conduirai pas une politique d'austérité qui aggraverait la récession (…) « Je n'accepterai donc pas des hausses d'impôts et des taxes qui réduiraient le pouvoir d'achat des Français car notre objectif c'est de leur rendre du pouvoir d'achat et non de leur en prendre ».
De plus « si (l'Union européenne) veut se donner les moyens de sortir renforcée et non pas affaiblie de la crise actuelle, elle doit engager une réflexion collective (...) sur les objectifs assignés à la politique monétaire ».
« L'année prochaine c'est un total sans précédent de 30.600 emplois publics qui seront supprimés dans la Fonction publique ».
« Le grand chantier de la réforme de nos administrations locales sera ouvert dès le mois de janvier ».
« Si nous arrivons à diminuer le nombre d'échelons territoriaux, alors nous pourrons poser clairement la question de la disparition à terme de la taxe professionnelle »…
Stoppons-là : c’est le discours prononcé dernièrement aux Etats-Unis, en smoking, à la virgule près.
La nuit tombée, après le coup de bambou, on a pu souffler un peu à Toulon.
L’hyperactif était parti pour un autre spectacle, ailleurs.


RECUEILLI PAR CLAUDE GAUTHIER


http://journal-lamarseillaise.com/index.php?option=com_content&task=view&id=13858&Itemid=46
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Tag(s) : #Politique
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