L'Etat accorde une hausse du tarif de transport de gaz
Les Echos du 26 septembre 2008
26 septembre 2008
Les tarifs d’acheminement du gaz fixés par l’Etat vont augmenter en janvier de 6 % pour le réseau géré par Gaz de France, et de 10 % pour celui détenu par Total. Un relèvement qui doit permettre de financer la modernisation des réseaux.
Les tarifs du gaz pour les particuliers et les entreprises vont-ils à nouveau augmenter sous peu ? Le gouvernement vient en tous les cas d’accepter un alourdissement des coûts d’acheminement du gaz, que les fournisseurs auront sans doute envie de répercuter sur leurs clients. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) doit annoncer aujourd’hui une hausse de 6 % du tarif moyen du principal réseau de transport, GRTgaz, filiale de Gaz de France, au 1er janvier 2009, et de 10 % pour celui de TIGF, l’autre réseau, plus ancien, géré par Total. Les tarifs de GRTgaz augmenteront en outre de près de 2 % par an entre 2010 et 2012, tandis que ceux de TIGF resteront stables.
Ces coûts dits « non-matière » représentent environ 7 % de la facture des particuliers, mais cette part peut aller jusqu’à 30 % pour une entreprise. « L’objectif est de donner à la France la possibilité d’accroître et de diversifier son approvisionnement », explique Florence Dufour, directrice adjointe des infrastructures et des réseaux de gaz à la CRE. Ces tarifs sont en effet couplés à des investissements visant à fluidifier le réseau. Le but étant par exemple qu’un vendeur de gaz puisse s’approvisionner aussi bien à l’Est qu’à l’Ouest pour servir un client dans le Nord ou le Sud, ce qui n’est pas vraiment le cas aujourd’hui.
A ce programme de décongestion s’ajoutent d’autres charges et investissements qui justifient les hausses de tarifs, selon Philippe Garnier, responsable des investissements et de l’offre au client chez GRTgaz. Il évoque notamment des dépenses de maintenance et de sécurité, qui consistent à vérifier et mieux protéger les 32.000 kilomètres de gazoducs du gestionnaire, ou encore à renouveler l’équipement des stations de compression. Course de vitesse
Au final, l’investissement annuel de GRTgaz devrait ainsi atteindre un point haut l’année prochaine, à 670 millions d’euros, contre 600 millions d’euros pour cette année. Les prochaines années, l’enveloppe devrait se situer entre 500 et 600 millions d’euros, pour repartir à la hausse à l’horizon 2012. Il faudra alors raccorder le réseau aux futurs terminaux gaziers actuellement en projet (Dunkerque, Antifer...). Par ailleurs, des interconnexions sont prévues avec l’Espagne.
Ces investissements sont essentiels dans le contexte international de bataille sur le gaz naturel liquéfié (GNL),
estime Stéphane Meunier, directeur associé au cabinet de conseil Sia. « Il y a une course de vitesse, dit-il. Les pays essaient d’attirer les fournisseurs. » Or l’Espagne et l’Italie
développent très rapidement leurs réseaux pour répondre à une demande en forte hausse. Sans investissement, la France, qui importe 98 % de son gaz, risquerait de perdre sa place de carrefour
en Europe.
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