L’Humanité des débats
Robespierre : une parole d’aujourd’hui ?
Rappel des faits. On trouve à Paris une rue Danton, un boulevard Carnot, une rue Lafayette… mais rien du nom de
Robespierre. À Arras, sa ville natale, c’est seulement dans la foulée de Mai 68, et après bien des obstacles, qu’a été baptisé le lycée Robespierre. Pourquoi l’une des principales
figures de la Révolution française a-t-elle quasiment disparu de l’espace public ?
A l’occasion de cette année du 250e anniversaire de la naissance de Robespierre, le 6 mai 1758, les communistes parisiens entendent faire monter l’exigence qu’un lieu lui soit dédié dans la capitale. Et pour combattre la « légende noire » qui l’entoure, pour faire justice d’une lecture caricaturale de l’histoire, ils veulent ouvrir le débat avec les historiens et tous les citoyens sur son rôle dans la période révolutionnaire et sur sa pensée. C’est ainsi que fin mai lors d’une table ronde (1) qu’ils organisaient à la Mairie de Paris, ils interrogeaient : Robespierre n’est-il pas le premier défenseur parlementaire du suffrage universel ? N’a-t-il pas voulu abolir la peine de mort ? Loin de l’esprit des commémorations habituelles, il s’agissait d’engager une réflexion autour ce que l’historienne Sophie Wanich résumait d’une question : quelle est l’actualité et l’inactualité de Robespierre ? Car, estime-t-elle, « cette période révolutionnaire est un laboratoire historique mais aussi politique qui offre des outils pour permettre d’être plus aiguisés dans notre présent ». La « conversation » avec Robespierre qu’elle entreprend dans ces pages de concert avec Ian Brossat, président du groupe communiste à la Mairie de Paris, s’inscrit dans cette démarche. Elle a pour fil rouge, la constitution d’un espace public démocratique digne de ce nom. Elle fait éclater une évidence : les interventions de Robespierre à l’Assemblée constituante le 10 mai 1791 sur le droit de pétition, le 22 août 1791 sur la liberté de la presse, le 29 septembre 1791 sur les droits des sociétés et des clubs résonnent aujourd’hui avec une grande force.
(1) avec les historiens Philippe Bourdin, Claude Mazauric, Sophie Wanich.
Jacqueline Sellem
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