Lehman Brother, la faillite
États-Unis . La 4e banque du pays est touchée de plein fouet par la crise financière qui ne cesse de s’étendre.
La crise financière continue de semer la panique à Wall Street et dans tout le secteur bancaire des États-Unis. Lehman Brothers l’une des plus grandes banques d’affaire du pays et l’un des leaders globaux du secteur est lourdement frappée par la crise qui ne touche plus -seulement l’immobilier (subprimes) mais s’étend maintenant à d’autres segments du marché du crédit (cartes bancaires, etc.). Du coup, l’établissement affiche des pertes et des dévalorisations d’actifs record (ils sont évalués à 13,8 milliards de dollars, environ 10 milliards d’euros).
Pour faire face à leurs obligations les dirigeants de la banque ont tenté de recapitaliser leur société. En vain. Le titre Lehman Brothers a perdu plus de 70 % de sa valeur en l’espace de quelques semaines et il n’y a plus un investisseur pour miser un sou sur la société qui faisait, il y a encore un an, figure de fleuron du secteur bancaire, conduit d’une main de fer par Richard Fuld, surnommé le Gorille et présenté par les analystes comme l’un des managers les plus prestigieux sur la place de Manhattan (l’Humanité du 22 août. « sale temps pour le Gorille »)
Renonçant à augmenter son capital, la banque a cherché à vendre une partie de ses actifs pour obtenir les liquidités qui lui font défaut. Mais l’opération a également capoté, le passif de Lehman Brothers étant jugé trop important. En désespoir de cause, on chercherait désormais un acheteur pour la reprise de l’ensemble du groupe. Et il semble qu’un deal ait été imposé par l’administration, soucieuse de ne pas réitérer à l’infini les sauvetages, comme la nationalisation de Fannie Mae et Freddie Mac au début de la semaine. Car d’autres banques mastodontes sont très sérieusement menacées, par exemple, la Washington Mutual. La Réserve fédérale (Fed) se serait engagée à fournir les liquidités qui manquent à la banque, en reprenant une partie de ses créances pourries (ce qui revient, de fait, à faire fonctionner la planche à billets pour créer de la monnaie de singe) contre un engagement du Gorille encore réticent, semble-t-il, à céder la totalité de ses actifs à un conglomérat de repreneurs.
B.O.
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