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International - Article paru le 13 septembre 2008

La stratégie de la tension de Washington

Comme dans le Caucase, l’administration républicaine joue l’instabilité et la confrontation en instaurant un climat de peur favorable au candidat McCain.

Washington semble avoir décidé de passer à un nouveau stade dans le bras de fer qui l’oppose à une bonne partie de cette Amérique latine qui a viré à gauche dans la dernière période. Plutôt contraint à faire profil bas, après une première tentative avortée de déstabilisation du Venezuela de Hugo Chavez en avril 2002, Washington semble à nouveau déterminé à investir ce terrain. Les signes s’accumulent : retour d’un discours musclé à l’encontre du Venezuela, étrange tentative de coup d’État dévoilée par le tout nouveau président de gauche du Paraguay, début septembre, et surtout, révélé par la crise d’aujourd’hui, un appui quasi ostensible depuis des semaines aux sécessionnistes des régions riches de l’ultra droite bolivienne.

Cette démarche s’inscrit dans une stratégie qui vise à raviver toutes les tensions internationales au fur et à mesure que s’approche l’échéance de la présidentielle états-unienne du 4 novembre. On en retrouve aussi la marque dans l’aggravation de la confrontation entre Washington et Moscou dans le Caucase sur fond de crise géorgienne ; crise dans laquelle on commence à mesurer l’implication des États-Unis, soutien du président Saakachvili qui s’est cru autorisé à attaquer l’Ossétie du Sud.

En jouant cette carte, extrêmement périlleuse puisqu’elle provoque des cliquetis d’armes dans les eaux des Caraïbes et en mer Noire, l’administration républicaine cherche à booster le soldat McCain. L’instauration d’un climat de peur à l’égard d’un monde devenant plus instable et dangereux, est en effet a priori favorable à l’ancien « héros » de la guerre du Vietnam qui ne manque pas une occasion pour se présenter aux électeurs comme le seul vrai « commandant en chef », capable d’assurer le leadership et la sécurité des États-Unis.

La première grande interview donné jeudi soir par Sarah Palin, la colistière de McCain, confirme combien cette stratégie de la tension constitue l’une des pièces essentielles de la campagne du parti de l’éléphant. La candidate à la vice-présidence s’est voulue dure et implacable face à ceux qui sont, à ses yeux, des fauteurs d’insécurité. Plaidant pour l’intégration de la Géorgie et de l’Ukraine dans l’OTAN, elle est ainsi allée jusqu’à envisager puis justifier une confrontation directe avec Moscou. « Peut-être le faudra-t-il, a—

t-elle souligné avant d’ajouter : je veux dire qu’il existe un accord au sein de l’OTAN, si un autre pays membre est attaqué, il faut s’attendre à être mobilisé. »

Bruno Odent

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Tag(s) : #Relations internationales
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