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Politique - Article paru le 22 août 2008 dans l'Humanité

ATTAC. Points de vue

« Vers un tournant post-altermondialiste ? »

Bernard Cassen (*) Président d’honneur d’ATTAC, secrétaire général de Mémoire des luttes.

Le mouvement altermondialiste, tel qu’il apparaît dans les forums sociaux ou dans les mobilisations contre le G8, n’a pas épuisé ses potentialités dans la mesure où il est encore peu présent dans une grande partie du monde. Cependant, l’hétérogénéité de ses composantes (syndicats, mouvements paysans, citoyens, d’éducation populaire, écologiques, féministes, indigènes, etc.), qui ont chacune leurs objectifs spécifiques, ne lui permet pas de développer des stratégies globales communes.

C’est pourquoi l’association Mémoire des luttes, animée, entre autres, par deux des fondateurs et présidents d’honneur d’ATTAC (Ignacio Ramonet et l’auteur de ces lignes), propose d’explorer la notion de « post-altermondialisme ». Il s’agit, à côté des forums sociaux, de construire de nouveaux espaces de coordination articulant et valorisant, au niveau mondial, les luttes sociales, les forces politiques, ainsi que les actions des gouvernements engagés dans des processus de transformation de leurs sociétés visant à les libérer du carcan néolibéral. Nous songeons évidemment en premier lieu à la Bolivie, à l’Équateur et au Venezuela.

Nous sommes encore très loin de telles situations en Europe, mais nous pouvons déjà retenir une leçon de ces expériences : il est possible, en s’appuyant sur les mobilisations populaires, de placer la politique au poste de commandement au lieu de s’adapter aux injonctions de la finance, comme l’on fait un peu partout les gouvernements se réclamant de la gauche. Une nouvelle ambition pour les altermondialistes ?

« Une nouvelle étape à inventer » Gus Massiah (*) : Président du Centre de recherche et d’information pour le développement, membre du conseil scientifique d’ATTAC.

« Le mouvement altermondialiste constitue l’un des principaux mouvements antisystémique aujourd’hui, comme le fut le mouvement ouvrier - et d’abord dans sa forme syndicale - de 1945 à 1980 dans la phase sociale-libérale de la mondialisation capitaliste. Nous sommes entrés ensuite dans la phase néolibérale qui se définit par la financiarisation, l’ajustement structurel de toutes les économies… Contre cette logique, un mouvement de résistance antimondialiste a pris son essor contre les programmes d’ajustements, la dette, la recomposition des rapports capital/travail… et il a connu des succès importants à la fin des années 1990 avec les grands rassemblements de Seattle à Gênes. Ensuite, dans les années 2000 2006, le mouvement devenu altermondialiste a rencontré au travers de la tenue des forums sociaux un fort écho médiatique et est apparu comme une réponse à la crise du système, qu’on pourrait résumer par la conjonction de quatre crises : sociale, écologique, de domination et de guerre Nord-Sud pour l’appropriation des matières premières, et idéologique (montée des intolérances et des idéologies sécuritaires). Nos propositions forment un fond commun. Elles ne peuvent cependant déboucher qu’a travers de nouveaux types de luttes et des questions nouvelles, politiques, qui concernent les partis, le pouvoir… Le mouvement altermondialiste est désormais arrivé à cette étape : il lui faut trouver de nouvelles manières d’inventer la politique.

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Tag(s) : #Politique
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