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International - Article paru le 12 août 2008

événement

Atilio Boron : « La survie du gouvernement dépend des réformes structurelles »

Pour l’intellectuel argentin, Morales doit « passer à l’offensive ».

Atilio Boron, animateur du CLACSO, centre d’étude politique et social alternatif, a qualifié de « plébiscite pour Evo » sitôt connus les résultats du référendum en Bolivie, qui « dépassent ceux de décembre 2005 ». Le politologue argentin ajoute, dans une tribune au journal Pagina 12, que, « comme l’a annoncé l’opposition, la ratification du mandat d’Evo Morales ne mettra pas fin aux hostilités, aux chantages, aux agressions et aux politiques de déstabilisation de la droite ». Notant que « jamais la droite n’abat toutes ses cartes dans l’arène institutionnelle et/ou légale », Atilio Boron précise que « l’idée qu’elle serait un opposant légal est une fiction aussi naïve que dangereuse ». « Qu’Evo soit le président qui a recueilli la plus grande légitimité populaire de l’histoire de la Bolivie, précise-t-il, n’empêchera pas la droite de conspirer dans le but d’en finir avec lui et de consommer la partition du pays. »

En second lieu, l’intellectuel marxiste demande de « prendre note du jeu éhonté de l’impérialisme nord-américain qui dément le discours officiel de la Maison-Blanche sur le peu d’importance que revêt pour elle l’Amérique latine ». Fait relevé par le président Morales et le prix Nobel de la paix Adolfo Pérez Esquivel, dénonçant l’ambassadeur Philip Goldgerg comme « grand coordonnateur de l’opposition dont le principal facteur de cohésion est le racisme et la haine viscérale pour les peuples originaires ». Pour appuyer son programme, Washington a « déboursé 124 millions de dollars en "aides" versées à la société civile, en majorité canalisées par les préfets de la Demi Lune ».

Dans la conjoncture actuelle, Atilio Boron préconise qu’« Evo dispute la rue à la droite et passe à l’offensive » car « céder des positions, surtout après un succès comme celui-ci, signifierait affaiblir davantage un président dont la capacité de déplacement à travers le territoire est déjà sérieusement compromise par les actions violentes de la droite ». Il avertit que « penser apaiser ceux qui appellent ouvertement à la sédition, à travers la mécanique parlementaire, ne fera que renforcer l’opposition qui fait ce qu’elle veut au Parlement et dans la rue ». En conclusion, Atilio Boron plaide pour une accélération des « réformes structurelles, condition incontournable pour que survive son gouvernement », car cela « permettra de mobiliser et d’organiser ses partisans, de délégitimer l’infantilisme d’extrême gauche qui le harcèle et joue objectivement pour la droite, et de démontrer à cette dernière et à ses commanditaires de l’impérialisme qu’une épopée comme celle que vit le peuple bolivien ne pourra pas être facilement battue, ledit peuple étant prêt à livrer les batailles nécessaires pour préserver ses conquêtes ».

Propos recueillis par Gérard Devienne

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Tag(s) : #Monde
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