Un parti communiste et un projet pour changer la vie
Nice (Alpes-Maritimes),
envoyé spécial.
Plusieurs milliers de personnes ont participé, ce week-end, à la « Fête du château », le rendez-vous traditionnel des communistes des Alpes-Maritimes organisé avec leur hebdomadaire départemental le Patriote. Parmi les nombreux débats proposés (Europe avec Francis Wurtz, Amérique Latine avec Obey Ament, Palestine, sans-papiers…), celui organisé en présence de Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, a attiré la foule. Robert Injey, secrétaire départemental, a évoqué d’abord la crise du capitalisme, la flambée des cours du pétrole, les émeutes de la faim dans le monde, les 100 000 personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté sur la Côte d’Azur. Pour le responsable communiste, un constat politique clair, où la droite a gagné, mais qui n’évacue pas pour autant la nécessité d’un programme de transformation sociale. Programme dont la crédibilité est à trouver. « Les communistes veulent contribuer à tous les possibles », a souligné Robert Injey.
Communistes ou sympathisants, ils avaient des choses à dire, des questions à poser, qu’il s’agisse de l’avenir du Parti communiste - « oui ou non, faut-il conserver ce parti ? », a demandé l’un, « comment rassembler sur des bases antilibérales ? », s’est interrogé un autre - ou des luttes dans l’entreprise, « chemin que le PCF doit retrouver », selon un intervenant. Pour Marie-George Buffet, « il faut un parti qui porte le dépassement du capitalisme, qui porte l’espoir révolutionnaire », dans une Europe qui organise le dumping social et veut mettre en concurrence les salariés français. « C’est le sens de l’existence du Parti communiste français », mais « il faut qu’il se transforme » parce que si ce parti s’est affaibli, c’est justement parce qu’il n’est plus suffisamment en adéquation « avec les aspirations telles qu’elles s’expriment ». Une des expressions c’est bien sûr le rejet de l’Europe telle qu’elle se construit. C’est le cas en France et ailleurs, comme en Irlande. À cet égard « les élections européennes seront un moment fort », a prévenu Marie-George Buffet. « J’appelle tout le monde à se rassembler sur des listes qui portent autre chose ».
Suite à une interpellation sur les relations avec les autres partis, la secrétaire nationale a expliqué : « Je ne veux plus me positionner personnellement par rapport au PS ou par rapport à la LCR. Je veux me positionner sur cette simple question : « Que faut-il faire pour le changement ? », parce que le rassemblement ne se fera pas par de nouveaux partis. » Remarquant que « la gauche a perdu la bataille des idées face à la droite », elle a exhorté à « faire reculer la frontière des possibles, à ne pas accepter la contestation sans lendemain ». Et Marie-George Buffet de s’interroger : « Sommes-nous capables d’avoir un projet pour changer la vie et mettre Sarkozy dehors ? »
Revenant plus précisément sur la préparation du congrès du PCF, elle a appelé tous les militants à prendre la parole, parce que « nous avons besoin de toutes les idées, de toutes les remarques, de toutes les opinions ». Elle a précisé qu’elle-même interviendrait « en tant qu’individu », pour dire ce qu’elle pense. « Ceux qui disent qu’on verrouille le débat sont ceux qui ne veulent pas d’avenir pour le Parti communiste. Alors, allons-y », a-t-elle conclu.
Pierre Barbancey
/image%2F0551212%2F20170620%2Fob_74cedc_bandeau-pcf.jpg)