Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Article paru le 14 juin 2008

l’Humanité des débats. Orientation scolaire

C’est tout le système qui est à revoir

Par Mireille Pasquel, membre du bureau national de la FCPE.

L’orientation touche à l’intime. Ne demande-t-on pas (bêtement), dès le plus jeune âge : « Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? » L’orientation touche à la personne, à sa place, à son statut social, c’est aussi une question d’estime de soi, d’envie, d’image.

Beaucoup de choses se jouent à l’adolescence, alors que le rapport à soi-même, avec l’avenir, est troublé. Il ou elle ne sait pas ce qu’il ou elle veut faire. Et c’est à cet âge que l’on demande à ceux qui réussissent moins bien à l’école de choisir vite leur futur métier, si possible là où il y a de la place…

La FCPE a beaucoup agi pour s’opposer à l’orientation par l’échec, l’orientation précoce et l’apprentissage dès quatorze ans. L’orientation, c’est aussi une question sociale, d’interface entre la formation et l’emploi. Bien sûr que l’on ne peut pas former que des ingénieurs et des médecins ! Toutefois, la « société de la connaissance » exige d’orienter vers un haut niveau de culture et de formation pour la réflexion collective nécessaire dans un monde de plus en plus complexe.

Chacun sait aussi que de nouveaux métiers vont émerger, que les changements dans sa propre « carrière » seront multiples, que l’on s’adapte et que l’on se forme mieux si le niveau de base est élevé. Les parents sont naturellement angoissés par la hantise du chômage, de la précarité. Ils n’en veulent à aucun prix pour leurs enfants. Les parents FCPE participent aux conseils de classe, aux commissions d’appel et d’affectation. Ils sont souvent outrés de l’orientation par les notes, par l’échec, sans prise en compte des aspects personnels ; ils soutiennent fortement la demande des parents et des jeunes de se faire entendre, même et surtout s’ils s’opposent à l’orientation « décidée ».

L’orientation devrait être un pari sur l’avenir avec toute une série d’accompagnements pour mettre le jeune en situation de réussir, comme cela est fait en Irlande par exemple. L’orientation devrait passer par un ou plusieurs choix, élaborés tout au long de la scolarité, avec, chaque année, des formes variées de l’approche des métiers (études « théoriques », visites, stages, essais pratiques en classe…).

Les personnels de l’orientation, bien formés, connaissant bien les débouchés, devraient être présents à demeure dans chaque collège ou lycée pour prendre le temps de connaître les élèves et de dialoguer avec les parents, les professeurs et l’administration. L’ONISEP, service public pour l’information sur les enseignements et les professions, devrait voir ses missions et ses financements confortés avec à la clé une gratuité d’accès aux informations et conseils. Or c’est tout l’inverse que prône le gouvernement actuel, qui favorise le « coaching » privé, qui sera de fait réservé aux parents qui pourront payer.

C’est tout le pilotage du système éducatif qu’il faut changer, pour stimuler et promouvoir toutes les formes d’intelligences, au lieu de fonctionner comme une colonne de distillation qui exclut à chaque niveau et ne garde « l’esprit » que pour la partie de l’élite supérieure.

Pour une orientation d’avenir, il faut des passerelles, des « validations d’acquis » pour avoir le droit à l’erreur, garder confiance en soi et en sa capacité d’apprendre et de se former à de nouvelles compétences. Il faut le respect de chacun, et que chaque métier permette de vivre dignement. Il faut stimuler l’ambition individuelle, familiale, sociale, pour l’éducation et la formation. C’est tout le pays qui doit faire le pari de l’intelligence, des intelligences.

Au final, on le voit, l’orientation est une question complexe. Raison de plus pour se mettre autour des jeunes. Pour les « élever », parents, enseignants, personnels d’orientation et administration doivent se parler sur chaque cas individuel. Syndicats de salariés, branches professionnelles, artisanat, agriculture, personnels de l’éducation, régions, départements, académies, rectorats et fédérations de parents d’élèves doivent réfléchir collectivement sur cette question qui est un enjeu politique fort.

Publicité
Tag(s) : #Education
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :