Le grand tripatouillage a commencé
Officiellement, rien n’est décidé. Mais le redécoupage de la carte des circonscriptions législatives a bel et bien commencé. « Dans le plus grand secret », dénonce Jean-Marc Ayrault (PS). Et sans attendre la « commission indépendante » prévue dans la réforme des institutions. Côté « indépendance », c’est Alain Marleix, secrétaire d’État aux collectivités locales et, accessoirement, secrétaire national aux élections à l’UMP, qui tient les ciseaux ! La gauche n’est pas opposée par principe à un redécoupage sur la base des données démographiques. Mais refuse qu’il se traduise par un magouillage politicien.
La droite prévoit notamment la création de douze sièges de députés réservés aux Français établis hors de France, qui votaient jusqu’alors dans leur département d’origine. Pour Jean-Marc Ayrault, il s’agit ni plus ni moins d’« une réserve pour la droite qui se donne un matelas de sécurité en cas de majorité très serrée », en lui permettant de se tailler sur mesure des circonscriptions dans un corps électoral majoritairement acquis au bipartisme (38,5 % pour Nicolas Sarkozy et 29,9 % pour Ségolène Royal le 22 avril 2007, contre 31,2 et 25,9 % pour la France entière).
Côté redécoupage, on sait juste, à ce stade, que la droite entend accorder des sièges supplémentaires à des départements où la droite domine les législatives, comme le Gard, l’Hérault, le Var ou encore le Vaucluse. D’autres, comme le Nord, où la gauche est en tête, et qui est l’un des rares départements qui comptent deux députés PCF, devraient en perdre.
Les communistes et le Modem dénoncent une volonté de renforcer le système bipartisan. À droite, des députés à l’écart de la ligne majoritaire, comme le villepiniste Jean-Pierre Grand, s’élèvent également contre « un mauvais coup », une « pression indigne qui sonne comme un avertissement » contre ceux qui, comme lui, s’opposent à la réforme des institutions.
S. C.
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