Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Politique - Article paru le 25 avril 2008 dans l'Humanité

Sarkozy confronté à la dure réalité économique

Droite . Après un an de mandat, le chef de l’État est rattrapé par la « sinistrose » : les Français s’inquiètent de leur pouvoir d’achat. Même dans son propre camp, il peine à convaincre.

« Il y a une impatience, le pays est sous tension et veut sortir de l’ornière », analysait mercredi le politologue Stéphane Rozès, de l’institut de sondage CSA. Pas sûr que l’intervention télévisée du chef de l’État (à l’heure où nous mettons sous presse, il nous était impossible d’en rendre compte - NDLR) ait rassuré des Français « gagnés par la sinistrose », comme le relevait hier la Tribune. Selon l’indice de confiance économique que le quotidien économique publie, 83 % de nos concitoyens se sentent « moins confiants » dans la situation économique du pays. Quant au pouvoir d’achat, affiché comme « la priorité des priorités » par Nicolas Sarkozy avant son élection, 88 % des personnes interrogées se disent « moins confiantes » dans leur avenir. La confiance dans le chef de l’État suit la même courbe. Hier, Paris Match publiait un sondage dont les conclusions sont sans appel : 72 % des Français se disent mécontents du bilan de la première année de mandat de Nicolas Sarkozy. Le porte-parole de l’UMP, Dominique Paillé, a beau souhaiter que le président de la République « ne se laisse pas aller à une nostalgie » due à son impopularité, depuis le mois de janvier, après que le chef de l’État a déclaré qu’il ne pouvait vider « des caisses qui sont déjà vides », sa cote n’a cessé de s’effondrer.

Passer à la vitesse supérieure

Même les sympathisants de droite, note la Tribune, émettent des craintes (76 %) sur l’avenir économique du pays. Le mécontentement gagne les bancs de l’Assemblée nationale. « Les députés sont nerveux, souligne un parlementaire interrogé par l’AFP. Le problème majeur aujourd’hui, c’est de passer à la vitesse supérieure. On a deux ans devant nous sans élections. C’est maintenant que le président doit nous donner la feuille de route. » François Fillon, lui, ne semblait pas espérer la même chose que le peuple de l’intervention du président de la République. Il a déclaré mercredi attendre cette feuille de route « pour les prochaines semaines et les prochains mois, qui nous redonne le cap sur les réformes qui doivent être conduites ». À ses yeux, le seul problème vient de la communication : il faut faire « un travail d’explication sur les réformes qui sont en cours et qui ont besoin d’être expliquées par le président de la République, et ensuite par l’ensemble des membres du gouvernement ». Le député UMP du Morbihan François Goulard faisait hier la même analyse sur RFI : « En présentant toutes les réformes en même temps et en faisant croire que tout était possible tout de suite, on a commis une erreur. Il fallait engager un certain nombre de réformes, mais il fallait en même temps dire qu’elles demanderaient du temps. »

Sourd aux contestations

La semaine dernière, Nicolas Sarkozy, sourd aux différents mouvements de contestation (sans-papiers, lycéens et professeurs…), déclarait à l’hebdomadaire le Point : « Finalement, gouverner est plus facile que je ne le pensais. » Aujourd’hui, il doit « accepter l’impopularité », professe François Goulard, avant de tacler gentiment le chef de l’État, qui doit selon lui « donner l’image d’un président qui est au-dessus de la mêlée et qui ne gouverne pas au jour le jour en fonction des sondages ».

Grégory Marin

Publicité
Tag(s) : #Politique
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :