Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Société - Article paru le 23 avril 2008 dans l'Humanité

Les patrons de la restauration pour une régularisation massive

« Une régularisation au cas par cas ne correspondrait pas à la situation du marché », nous déclare Didier Chenet, président du Synhorcat.

Les deux syndicats du patronat de l’hôtellerie-restauration, le Synhorcat (Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs), qui regroupe près de 20 000 entreprises, et l’UMIH (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie), 80 000 adhérents, se sont joints, jeudi, aux sans papiers pour interpeller le gouvernement.

Interrogé par l’Humanité, Didier Chenet, président de Synhorcat, revendique une « régularisation massive qui consisterait à régulariser en bloc les salariés employés de façon transparente, à savoir ceux embauchés en CDI avant le 1er juillet 2007 et qui paient leurs charges sociales et leurs impôts ». Cette décision est prise « par des gens responsables qui découvrent la situation et se positionnent d’un point de vue économique », explique le chef d’entreprise. « Une régularisation au cas par cas ne correspondrait pas à la situation du marché », précise le président du Synhorcat. « Si demain ces salariés sont licenciés, c’est moins de chiffre d’affaires pour les entreprises, qui peut conduire jusqu’à des dépôts de bilan. Mais c’est aussi moins de TVA, moins de cotisations sociales, et au final moins de rentrées dans les caisses de l’État. » « Sans compter la grande précarité pour ces travailleurs et le risque de voir le travail au noir exploser », ajoute le président de l’organisation syndicale. Conscient qu’une poignée de chefs d’entreprise jouissent de la situation, Didier Chenet assure : « Je ne défendrai aucun employeur qui ne respecte pas le Code du travail, y compris celui du paiement des heures supplémentaires. »

Dans les autres branches reconnues comme les plus « gros » employeurs de sans-papiers, la question est vite éludée. Ainsi, la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB), qui réunit 356 000 entreprises, n’a pas souhaité réagir. La Fédération française du bâtiment (FFB), 56 000 adhérents, soit « deux tiers des salariés » de la profession, a estimé que « c’est aux pouvoirs publics de prendre position ». La Fédération des entreprises de propreté juge, elle aussi, qu’il s’agit d’un débat politique et que « chaque entreprise est libre de sa politique sociale ». Du côté des trois grandes organisations patronales, la CGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises) s’est positionnée en faveur d’un traitement au « cas par cas ». « Pour les métiers comme l’hôtellerie, le bâtiment, ou l’environnement de la santé, si les salariés sont là depuis longtemps, il faut au moins examiner leur situation, en respectant nos textes législatifs », estime Jean-François Veysset, vice-président de la CGPME. Ajoutant : « S’il existe des employeurs qui embauchent en connaissance de cause des sans-papiers, ils doivent être sanctionnés. » Le MEDEF n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet. Et l’UPA, de son côté, prend le temps de la réflexion et renvoie à la mi-mai son positionnement.

Clotilde Mathieu

Publicité
Tag(s) : #Politique
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :