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Germaine Tillion nous a quitté




Germaine Tillion, ethnologue et résistante est décédée, dans sa 101e année, à son domicile de Saint-Mandé (Val-de-Marne). Elle était l’une des françaises les plus décorées.

Germaine Tillion, ethnologue et résistante, est décédée samedi 19 mars 2008, dans sa 101e année, à son domicile de Saint-Mandé (Val-de-Marne).

Elle avait reçu de nombreuses distinctions. Grand’Croix de la Légion d’Honneur, Croix de guerre 1939-1945, médaille de la Résistance avec rosette, médaille de la déportation pour faits de résistance, lauréate du Prix de l’amitié franco-arabe (2000), du Grand prix de la Ville de Paris (2000), elle est décorée en 2004 de l’Ordre du Mérite allemand. Au printemps 2007, à l’occasion de son centième anniversaire, elle avait été faite citoyenne d’honneur de la ville de Saint-Mandé où elle résidait depuis 1945.

Née le 30 mai 1907 à Allegre (Haute-Loire), Germaine Tillion, élève de l’ethnologue Marcel Mauss, effectue avant la guerre quatre missions ethnographiques dans les Aurès (sud-est algérien) de 1934 à 1940. A son retour, elle co-fonde dès juin 1940 le réseau de résistance du Musée de l’Homme.

Dénoncée, elle est arrêtée en 1942, détenue à Fresnes, puis déportée au camp de Ravensbrück.

Rescapée, elle publie un des premiers témoignages sur le système concentrationnaire : "A la recherche de la vérité" (1946) et "Ravensbrück" (prix Voltaire, 1973).

Elle mène aussi plusieurs enquêtes sur les crimes de guerre allemands, les camps soviétiques (1951), et les lieux de détention en Algérie (1957), où elle crée le service des Centres sociaux (1955). De son expérience elle tirera deux ouvrages : "L’Algérie en 1957" et "Les Ennemis complémentaires" (1958).

Germaine Tillion reprend ensuite ses travaux d’ethnographie, notamment au CNRS, et comme directeur d’études à l’Ecole pratique des Hautes études (chaire du Maghreb), où elle est nommée en 1957. Directrice honoraire en sciences sociales à l’Ecole des Hautes Etudes, elle avait publié "Le Harem et les cousins" (1966) et "Ravensbrück" (1973), ouvrages emblématiques des deux grands engagements de sa vie, l’Algérie et la Résistance

En 1975, elle est chargée de présider la commission sur l’amélioration de la situation des femmes immigrées.

Germaine Tillion a reçu le prix Cino Del Duca (1971) pour l’ensemble de son oeuvre, avait publié deux livres autobiographiques : "La Traversée du mal" (1997) et "Il était une fois l’ethnographie" (2000).

Germaine Tillion était co-signataire de l’ « Appel des 12 » pour la reconnaissance de la torture pendant la guerre d’Algérie.

Le Théâtre du Châtelet à Paris a créé, le 3 juin 2007, pour les cent ans de Germaine Tillion "Le Verfügbar aux enfers", une émouvante "opérette-revue" trempée dans l’humour noir qu’elle avait écrite en déportation à Ravensbrück (Allemagne).
Trop faible pour se déplacer, l’ethnologue et résistante n’avait pas pu assister à la première représentation de cette oeuvre sans équivalent dans l’histoire des camps nazis.

L’une de ses compagnes de déportation, Anise Postel-Vinay, 86 ans, avait pris la parole sur scène et s’était dite "très émue" à l’idée de partager avec le public "cette belle page d’espérance humaine".
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Tag(s) : #Politique
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