« L’argent de l’UIMM doit revenir aux salariés »
La CGT demande que l’argent des caisses noires de l’UIMM soit rendu aux salariés. Qu’est-ce que cela signifie ?
Philippe Martinez. La Fédération CGT de la métallurgie demande que la justice fasse toute la lumière sur les 19 millions d’euros liquide, qui ne sont toujours pas justifiés. Mais nous demandons également que les 600 millions d’euros qui se trouvent dans les caisses de l’UIMM reviennent aux salariés du secteur. On a fait un petit calcul : à raison d’environ deux millions de sidérurgistes, cela représenterait une prime d’à peu près 300 euros par salarié. Mais ce que l’on veut, plus globalement, ce sont des négociations dans chaque chambre patronale sur les grilles de salaires. Cet argent doit servir aux revendications salariales : relever les salaires, reconnaître le paiement des qualifications, etc.
D’autant que, dans un contexte de baisse du pouvoir d’achat, les revendications salariales sont chaque jour plus nombreuses…
Philippe Martinez. Ce n’est pas la première fois qu’autant de salariés sont en lutte pour exiger une revalorisation de leurs salaires. Mais c’est la première fois que ces revendications touchent autant les grands groupes, qui tous sont au bureau de l’UIMM, que les petites entreprises. L’autre caractéristique, c’est que les salariés, même quand des accords salariaux sont signés par les syndicats, continuent de se mobiliser parce que leurs revendications ne sont pas écoutées. La colère des salariés est d’autant plus forte qu’ils entendent dire, soit par le président de la République, soit par le patronat, que les caisses sont vides et qu’il n’y a pas d’argent pour les salaires. Ce qui est faux. Il est donc normal que l’argent détourné de l’UIMM revienne aux salariés.
Propos recueillis par Alexandra Chaignon
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