Peu de pays européens reconnaissent l’euthanasie active
Depuis 2002, les Pays-Bas et la Belgique ont franchi un pas symbolique en autorisant l’euthanasie active. Le médecin peut ainsi en toute légalité, sous des strictes conditions, donner la mort à son patient. Selon Jacqueline Herremans, présidente de l’Association belge pour le droit de mourir dans la dignité, 495 déclarations d’euthanasie ont été déposées en Belgique en 2007, soit moins de 0,5 % du total des décès. Fait surprenant, la répartition entre Flamands et francophones reste stable depuis 2002, soit environ 80 % de Flamands et 20 % de francophones. Le Luxembourg est sur la même voie, une loi visant à autoriser l’euthanasie active attend une deuxième lecture pour être adoptée définitivement.
A côté de ces pays « pionniers », d’autres en restent à ce que les spécialistes nomment l’euthanasie passive. C’est le cas de la France, qui, depuis la loi sur la fin de vie du 22 avril 2005, a instauré un droit au « laisser mourir » consistant le plus souvent en l’arrêt d’un traitement curatif ou de l’usage d’instruments maintenant en vie un patient. La Norvège, le Danemark, la Hongrie ont également adopté des lois similaires alors que la Suisse permet à ses médecins de fournir à une personne désirant mettre fin à ses jours et condamnée par la médecine une dose mortelle d’un médicament qu’elle prendra elle-même. En Allemagne, en Autriche et en Espagne, la jurisprudence admet l’euthanasie passive lorsque le patient en a clairement exprimé le désir. La Suède autorise une assistance médicale au suicide.
Bien que l’interdisant, la Grande-Bretagne et le Portugal ont engagé des débats. Au Portugal, le Conseil national de l’éthique pour les sciences de la vie a émis un avis favorable à l’arrêt des traitements pour les malades en état végétatif persistant qui en ont exprimé le souhait. En Italie, le droit de refuser des soins est reconnu par la Constitution. Une commission travaille pour accorder aux incurables le droit de choisir leur mort.
Enfin, de nombreux pays interdisent l’euthanasie sous toutes ses formes. La Pologne l’a punie de trois mois à cinq ans de prison, mais « dans des cas exceptionnels », le tribunal peut appliquer une atténuation extraordinaire de la peine ou même renoncer à l’infliger. En revanche, la Grèce, la Bosnie, la Croatie, la Serbie ou la République tchèque considèrent cette pratique comme un homicide et la punissent en conséquence.
Cyrille Poy
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