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Tribune libre - Article paru le 20 mars 2008

tribune libre

L’invité de la semaine Sébastien Jumel

Maire communiste de Dieppe

Communistes et co-acteurs

Les élections municipales ont révélé cette vérité, aussi vieille que l’existence même du Parti communiste, mais qu’il faut cerner à la lumière des conditions actuelles dans lesquelles le monde du travail évolue : c’est dans la proximité et l’action quotidienne avec les salariés, avec les habitants que se nouent les liens de solidarité, que grandissent les aspirations au changement et que l’adhésion aux valeurs que portent les communistes peut être gagnée.

Nous savons tous que le combat qui était mené au sein des entreprises et parallèlement à l’action syndicale, constituait un levier essentiel de la lutte des classes.

Aujourd’hui, la pénétration des idées n’emprunte plus les mêmes chemins. Et si rien n’empêche de les reconstituer, ce qu’il faut à tout prix, c’est avoir un contact permanent, direct avec la réalité des entreprises et des conditions de travail des salariés : rencontres régulières avec leurs représentants, soutien et relais de leurs revendications, solidarité active non seulement dans les périodes de crise et de lutte mais aussi au jour le jour.

Par exemple, ici à Dieppe, avec les électriciens-gaziers, nous avons fait une lecture assidue des évolutions imposées au statut national de l’entreprise et au statut professionnel de ses salariés. Nous avons été ensemble, et nous le restons, porteurs des résistances.

Nous sommes perçus à cet égard, non pas comme intervenants extérieurs, mais comme co-acteurs.

De la même façon, avec les habitants des quartiers populaires, réduits par les politiques de droite ségrégatives à l’état de ghettos où l’on concentre la misère pour mieux la gérer, la maîtriser, l’exploiter, être constamment des agents d’émancipation, de proposition et de mobilisations est une tâche impérieuse pour les militants que nous sommes.

Ainsi, dans le quartier des Bruyères, où les habitants ont été jusqu’à 89,18 % à porter leurs suffrages dimanche dernier sur le candidat communiste aux élections cantonales que j’étais, c’est avec nous qu’ils avaient dressé, auparavant, un cahier de doléances qui déclinait tous les problèmes vécus, des problèmes généraux (comme l’emploi et le pouvoir d’achat) aux plus « exaspérants » (l’entretien des immeubles, la propreté des espaces communs, la nécessité de services publics de proximité…, etc.)

Reconstruire une philosophie de l’action sur la base de ces expériences, qui s’intègre dans la reconstruction théorique de notre prochain congrès, c’est, je crois, un exercice auquel les milliers d’élus issus des urnes le 16 mars devront contribuer.

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Tag(s) : #Politique
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