L’invité de la semaine
Sébastien Jumel
Maire communiste de Dieppe
Hier, les enseignants ont manifesté contre les restrictions budgétaires de l’éducation nationale. Les 11 200 départs en retraite non remplacés dans le budget 2008 concernent 9 130 enseignants du secondaire.
Dans le primaire, comble du mépris, ce n’est qu’au lendemain des élections que le ministère daignera présenter ses projets de fermetures aux acteurs de la communauté éducative. Où le gouvernement peut-il encore trouver des postes à supprimer après six ans d’austérité sur les moyens de l’école ?
À la rentrée prochaine, avec 253 postes supprimés, notre département de Seine-Maritime, dont tous les indicateurs liés à la situation économique et sociale et à la réussite scolaire sont déjà au rouge, va voir encore ses moyens éducatifs diminués.
Inutile de chercher une quelconque logique, ni même un supposé intérêt pédagogique dans ces mesures. Elles ne répondent qu’au dogme de la réduction des dépenses publiques. Cette saignée de l’éducation nationale, le gouvernement Fillon, fidèle traducteur des promesses de campagne de Sarkozy, a l’intention de l’appliquer à tous les services publics.
Le gouvernement parle de rendre plus productive la fonction publique, oubliant que l’objectif premier est de rendre un service aux usagers, et pas de faire la course à une quelconque rentabilité. C’est une preuve de plus de l’acharnement idéologique de la droite à réduire l’État à sa plus simple expression. Le culte de la « réforme » qu’elle prône s’assimile à une destruction de tout ce qui fonde la cohésion sociale dans ce pays, au premier rang de quoi figurent les services publics, le système de protection sociale et une éducation nationale solide.
Soulignons au passage le numéro d’équilibriste du gouvernement Sarkozy, qui entend « rationaliser » les moyens de l’éducation avec une carte scolaire « assouplie » mais, rassurons-nous, qui « garantit la mixité sociale ». En réalité, la suppression de la carte scolaire, objectif avoué de la droite, ne fera qu’accélérer le mouvement de ségrégation et de concentration de la pauvreté.
Notre système éducatif souffre des raccourcis comptables et des baisses d’effectifs sans discernement depuis trop longtemps. Derrière cette attitude, il y a la volonté de vider l’éducation nationale de sa substance, pour favoriser l’enseignement privé. Il y a plus largement la volonté - et le sort fait aujourd’hui à l’enseignement technique et professionnel en est une illustration -, de faire de l’école un outil au service des besoins à court terme du patronat.
Hier, à Dieppe, c’est légitimé par le suffrage universel que je suis allé porter à l’instance locale de concertation sur l’école les exigences de la communauté éducative.
Il est temps de remettre à l’ordre du jour et de l’actualité un nouveau plan Langevin-Wallon.
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