Samedi 15 mars, reprise des expulsions locatives
Samedi à 14h30 Place de la République à Paris, plus de trente associations et syndicats appellent à manifester contre les expulsions locatives et pour une politique de relogement.
Chaque année, près de 100 000 jugements d’expulsion de logement sont prononcés en France suite à des impayés. Et pour les faire appliquer, le recours aux forces de l’ordre est en très forte hausse ces dernières années, + 50% en 2006. Plusieurs centaines de milliers de foyer sont directement concernés par cette reprise. Selon une enquête logement de l’INSEE, près d’un locataire sur cinq, soit près de 1,5 million de ménages, dit avoir eu des difficultés pour payer son loyer au cours des derniers mois. Plus de 600 000 foyers ont eu effectivement un retard de paiement d’au moins deux mois. En dix ans, la part du budget logement des ménages est passée de 15 % à 25% en moyenne, et à plus de 40% pour les ménages les plus fragiles. Au cours des vingt dernières années, les loyers ont doublé dans le parc locatif privé, et augmenté de 50% dans le parc locatif social/public. Conjugué à une progression de la précarité professionnelle, du chômage et de la pauvreté salariale, le renchérissement de l’immobilier et des loyers a alimenté la progression des expulsions locatives dans le pays. Résultat : selon une enquête de l’Insee, 800 000 personnes ont dû séjourner au moins une fois dans la rue ou dans un centre. Une situation qui ne touche pas que les personnes sans-emploi, puisqu’il apparaît dans cette étude qu’un tiers de ces personnes sont des salariés, ouvriers non qualifiés.
Comme chaque année, les associations de mal-logés et pour le droit au logement dénoncent cette reprise. Ces associations demandent depuis plusieurs années au
gouvernement qu’il fasse appliquer la loi de réquisition, cesse les démolitions d’HLM, stoppe la flambée des loyers qui alimente les expulsions massives, et finance la production de vrais
logements sociaux. Et aujourd’hui c’est « le droit au logement opposable » qu’elles veulent voir effectif. Le dispositif actuel restant bien en-dessous des objectifs
affichés : 250 millions d’euros sont avancés alors que, estiment les associations, « l’effort financier nécessaire s’évalue à plus de 1,5 milliard d’euros pour 2008 ».
Quelque 200 militants de l’association Droit au Logement (DAL) manifestaient mercredi en fin de matinée à proximité du ministère de l’Intérieur à Paris pour dénoncer la reprise des
expulsions locatives.
Plusieurs dizaines d’association, soutenues notamment par des organisations syndicales, appellent à une manifestation, samedi 14h30 Place de la République à Paris, pour exiger l’arrêt des
expulsions sans relogement.
Benoît Pradier
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