l’Humanité des débats. Jaurès
Pourquoi Jaurès nous parle encore ?
Rappel des faits
L’universalité et la jeunesse des idées du fondateur de l’Humanité étaient au centre des débats d’un colloque.
Correspondant régional.
En cette période de crise du politique, initiative judicieuse que celle prise dimanche dernier, à Carmaux, pour son dixième anniversaire, par l’Association Jaurès Espace Tarn (AJET). « En quoi la pensée de Jaurès, le philosophe, l’historien, l’homme politique, interpelle-t-elle nos contemporains, et plus particulièrement la gauche dans le contexte d’aujourd’hui ? » C’est autour de cette question et d’un colloque que huit philosophes, historiens, journaliste, tous spécialistes des idées et de l’action du penseur socialiste, ont planché toute la journée avec le public.
Nous reproduisons ci-après les points essentiels de leurs contributions qui, chacune à partir de problématiques diverses, souligne l’universalité et la jeunesse des idées de Jaurès.
Exemple. À la question : « Jaurès parle-t-il à la gauche du XXIe siècle ? », l’historien Jean-Pierre Rioux estime qu’il est « difficile de mettre la gauche au singulier » et alerte contre toute « captation exclusive » et juge que sont à remettre au goût du jour des valeurs jaurésiennes, « le respect de soi associé au respect de l’autre, la réalité du monde sensible, l’amour concilié de la petite et de la grande patrie, le refus d’un monde désenchanté… ». « Au-delà des avatars actuels, bien sûr qu’il parle très fortement à toute la gauche », répond pour sa part l’historien Michel Vovelle qui, citant une phrase de Jaurès (« Dans la violence même, il y a l’invention de valeurs démocratiques »), retient « cette capacité à vouloir changer le monde par la volonté collective, par l’idée de justice ». Alain Boscus estime, lui, que la gauche a oublié combien Jaurès « articule en permanence l’idéal et le réel, le présent et l’avenir ». Quant au journaliste Charles Silvestre, il salue le courage de Jaurès face à ses amis dans l’affaire Dreyfus, face à « la lâcheté électoraliste », le courage encore de « lire le réel tel qu’il est ». Comme l’ajoute Gilles Candar : « C’est un professeur de dignité, de liberté, de vérité, et aussi un élu passionné qui regarde la défaite électorale d’un oeil tranquille. »
Alain Raynal
/image%2F0551212%2F20170620%2Fob_74cedc_bandeau-pcf.jpg)