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Politique - Article paru le 4 octobre 2007 dans l'Humanité

 

Le coup de gueule des présidents de CPAM contre les franchises

Santé . Les présidents des huit caisses d’assurance maladie de Midi-Pyrénées qualifient, dans un communiqué, « d’illusion » et de « tromperie » les mesures annoncées pour le projet 2008 de financement de la Sécurité sociale.

Toulouse,

correspondant régional.

C’est une prise de position commune qui en dit long sur l’inquiétude et le ras-le-bol des présidents des huit caisses primaires d’assurance maladie de Midi-Pyrénées, de la caisse régionale d’assurance maladie et de l’union régionale des caisses d’assurance maladie quant au financement et au fondement même de la Sécurité sociale.

À l’issue d’une réunion tenue vendredi dernier à Montauban (Tarn-et-Garonne), ils dénoncent vivement par un communiqué commun les mesures préconisées par le président de la République et le gouvernement à travers le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2008. « Certaines mesures envisagées, outre qu’elles font porter, une fois encore, l’essentiel des efforts de redressement sur les assurés sociaux portent gravement atteinte aux principes fondateurs de la Sécurité sociale », pointent-ils d’emblée, avant de rappeler le principe premier : « Chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins. »

Précisément dans le collimateur, l’instauration de franchises qui « contrevient gravement à cette solidarité, en ce sens que seuls les malades contribuent au financement ». Ils estiment cette proposition « économiquement inefficace » et « socialement injuste et insupportable ». Faire croire, poursuivent-ils, que ces mesures permettraient de régler les problèmes posés par le vieillissement de la population « est, au mieux, une illusion, au pire, une tromperie ».

Les présidents des huit caisses primaires considèrent que l’approche « par le reste à charge en référence au revenu » renforce le caractère assurantiel et « fait disparaître la solidarité des bien portants envers les plus malades ». C’est pourquoi ils s’opposent vivement et « sous prétexte de responsabilisation » à des mesures qui « viendraient soit augmenter le reste à charge des assurés (déjà considérable : 34 milliards d’euros restent déjà à charge des assurés ou de leur complémentaire), soit dissuader certains d’entre eux de recourir aux soins ». Sans méconnaître les « graves difficultés de financement » que traverse le système de protection sociale depuis plusieurs années, sans ignorer aussi que les besoins de soins vont s’accroître avec l’allongement de la durée de vie, ils réfutent « toute tentative qui consisterait à culpabiliser les seuls assurés sociaux ». Il n’est de solution véritable, soulignent-ils dans le communiqué commun, que « dans la responsabilisation équilibrée de tous les acteurs et dans la qualité des actes et des procédures fondés sur les recommandations scientifiques et l’évaluation des pratiques professionnelles ».

Préoccupés face à l’accroissement des inégalités sociales profondes et ne cessant de se creuser, les présidents insistent sur le besoin de plus de solidarité. « Notre système de santé, concluent-ils, doit avoir pour vocation première de permettre un égal accès de tous à des soins de qualité, quels que soient la situation sociale et le lieu de résidence de l’assuré social. »

A. R.

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Tag(s) : #Santé
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