l’Humanité des débats. Régimes spéciaux.
Une campagne de désinformation de grande ampleur
Par Alain Obabia, membre du Comité exécutif national du PCF, membre du Conseil économique et social.
L’offensive du gouvernement vise, en réalité, l’ensemble des retraites, celles des régimes spéciaux comme celles du régime général. François Fillon vient de réaffirmer que la durée de cotisation nécessaire pour une retraite à taux plein devrait passer à 41 annuités entre 2009 et 2012, ce qui est une interprétation extensive de sa propre loi de 2003. N’oublions pas non plus que Laurence Parisot réclamait récemment le passage à 42 annuités.
La charge contre les régimes spéciaux s’inscrit dans cette logique de dégradation globale et d’alignement par le bas. Elle donne lieu à une campagne de désinformation de grande envergure. On veut faire croire qu’en attaquant les régimes spéciaux on réglerait le problème global. Or, les salariés relevant de ces régimes représentent aujourd’hui moins de 5 % de l’ensemble. À qui fera-t-on croire que ces mesures régleront le problème pour les 95 % restants ?
Le gouvernement dit vouloir rétablir l’équité. Or, pour l’essentiel, les dispositions plus favorables des principaux régimes spéciaux ont des contreparties : la pénibilité du travail, les horaires décalés et le travail le week-end ; un taux de remplacement de 10 % plus bas en moyenne que dans le secteur privé car les primes ne sont pas incluses dans le calcul de la retraite, etc. Pas la moindre trace de privilèges dans ces réalités. Le véritable scandale est que le patronat refuse de tenir compte de la pénibilité du travail dans le secteur privé où existent des situations comparables. Cela fait presque trois ans qu’il bloque les négociations.
La stratégie du gouvernement et du - MEDEF, c’est la régression pour tous. Cela s’inscrit dans leur volonté d’instaurer un « contrat social » épousant au mieux les exigences de compétitivité et d’attractivité du grand capital dans la financiarisation mondialisée. Le véritable problème est celui de la part de richesses consacrées aux nouveaux besoins nés de l’évolution démographique. Financer la retraite pour tous avec 37,5 annuités de cotisations est possible. Cela représente 4 points de PIB jusqu’en 2040. Ils seront largement assurés par le doublement des richesses créées dans le même temps, à condition toutefois de s’attaquer aux vrais privilèges, ceux des actionnaires du CAC 40 et des marchés financiers.
Il faut en finir avec les allégements de charges sociales sans effet sur l’emploi (plus de 25 milliards d’euros cette année), percevoir sur les profits financiers une cotisation sociale au même taux que celle prélevée sur les salaires, revoir les cotisations des entreprises pour pénaliser les délocalisations, les restructurations génératrices de chômage et favoriser les politiques d’emplois.
Cette question est en effet déterminante pour l’équilibre d’ensemble du système. Il est donc important de rétablir les faits, de ne pas se laisser impressionner par la violence de l’offensive. Le Parti communiste entend jouer tout son rôle dans cette bataille. Il se félicite des actions décidées par les organisations syndicales le 18 octobre prochain et appelle à la mobilisation pour assurer leur succès. Le rassemblement qu’il organise le 27 octobre à Paris sera une occasion forte de riposter et de promouvoir les solutions alternatives relevant d’un autre choix de société.
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