Franchises : le cri d’alarme des malades
Les nouvelles franchises sur les dépenses de soins ? Ce sera « un nouveau mur pour les malades que nous ne pourrons pas franchir ! » C’est un véritable cri d’alarme que six associations de malades, regroupées dans un collectif intitulé Chroniques associés, viennent de lancer. Pour Aides (VIH-sida), Vaincre la mucoviscidose, Europa Donna (cancer du sein), Jeunes solidarité cancer, la Fédération nationale d’aide aux insuffisants rénaux et la NAFSEP (sclérosés en plaques), l’instauration de cette taxe supplémentaire sur les malades risque d’avoir des conséquences dramatiques pour les patients qu’ils représentent.
Les témoignages que nous publions ci-dessous sont autant d’émouvantes et redoutables pièces à charge contre ce projet. Les franchises brisent le principe clé de la Sécu, celui de la solidarité entre tous les assurés - riches ou pauvres, bien portants ou malades - qui garantit à chacun un accès aux soins quels que soient ses besoins, tout en lui demandant une contribution en fonction de ses ressources.
Les franchises, elles, frappent les seuls malades, et ce, de la pire des façons, sur le mode de la TVA : même tarif pour Mme de Rothschild et votre voisin de palier ! Pour les personnes atteintes de maladie chronique, le coup serait particulièrement sévère. D’autant qu’il s’ajouterait aux nombreuses dépenses, se chiffrant en centaines d’euros, déjà laissées entièrement à leur charge, par le biais des forfaits, déremboursements
de médicaments, etc. D’autant, aussi, que nombre de ces personnes, du fait de leur pathologie, sont plongées dans de lourdes difficultés économiques et sociales, n’ont, pour revenu, qu’un minima social, l’allocation adulte handicapé (AAH, 621 euros mensuels), et ne sont, par exemple, pas en mesure de payer un contrat de complémentaire santé.
Et qui osera expliquer que ces femmes et ces hommes doivent être « responsabilisés », comme l’explique la propagande gouvernementale pour justifier les franchises ? « Nous ne sommes pas - nous, malades chroniques - des "irresponsables" ! Nous sommes atteints d’une maladie qu’il convient de traiter. Nous ne pouvons nous soustraire aux soins. » « Les franchises vont menacer notre accès aux soins et nos ressources vitales », avertissent les Chroniques associés, en annonçant leur intention de demander aux députés, à tout le moins, d’adopter un amendement pour en exonérer les malades chroniques. Soit quelque 15 millions de personnes, près de 20 % de la population.
Y. H.
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