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Société - Article paru le 27 septembre 2007 dans l'Humanité

 

« Inquiets mais constructifs »

Porte-parole de France Nature Environnement, Arnaud Gossement tire un bilan mitigé de la préparation du Grenelle.

Fédération de quelque 3 000 associations, France Nature Environnement était représentée dans tous les groupes de travail mis en place pour nourrir le rendez-vous de la fin octobre.

Quel bilan tirez-vous de cette première phase du Grenelle de l’environnement ?

Arnaud Gossement. Un bilan inquiet, parce qu’aujourd’hui le compte n’y est pas. Les rapports des groupes de travail, à quelques exceptions près, ne contiennent pas encore suffisamment de mesures concrètes susceptibles d’introduire une vraie rupture avec les politiques actuelles et de recueillir un consensus. Tous les acteurs, y compris les représentants du monde industriel ou agricole, doivent être impliqués, sinon on n’avancera pas. Malheureusement, si certains de ces acteurs font parfois preuve d’ouverture, d’autres restent sur des positions assez défensives, notamment dans le groupe 6 sur l’économie, un groupe clé qui définit en partie les financements, les objectifs chiffrés, le calendrier… Des propositions ont été bloquées, sans même que soient formulées de contre-propositions, ce qui est pourtant le jeu de la négociation. Ainsi, sur les OGM, la FNSEA s’est contentée de quitter la table, sans évoquer d’alternative à ce qui était demandé par les associations. De même, dans le groupe 6, le MEDEF a bloqué l’adoption d’une éco-contribution - ce qu’on appelle « la vérité écologique des prix » - qui permettrait de moduler les prix en fonction de l’éco-conception des produits. Néanmoins, nous voulons rester constructifs. On ne dit pas « c’est foutu », mais on tire la sonnette d’alarme.

Que faudrait-il selon vous pour que ce processus soit un succès ?

Arnaud Gossement. D’abord, il faut que tout le monde reste à la table des négociations. Ensuite, quand on n’est pas d’accord avec une proposition, il faut pouvoir proposer autre chose et pas simplement se contenter de bloquer la discussion. Toutefois, cette première phase a permis déjà quelques avancées, en ce qui concerne les émissions de CO2 des véhicules (avec un plan de réduction à l’intention des constructeurs), les OGM, où, même si le problème n’est pas totalement réglé, les progrès sont sensibles, ou encore la question de la gouvernance. Ainsi, les associations, en fonction de leur représentativité, seront mieux intégrées aux instances de concertation, comme le Conseil économique et social. Et même le MEDEF ne s’est pas opposé à cette évolution.

Entretien réalisé par Alexandre Fache

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Tag(s) : #Environnement
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