69 bonnes raisons de ne pas voter Sarkozy 3
29- Le mépris de la concertation sociale On a beaucoup glosé, à raison, sur les dangers du programme de Nicolas Sarkozy, mélange inédit de néo-libéralisme bushien et d’idéologie maurassienne ; on s’est légitimement ému de la pyromanie d’un responsable politique dont la seule efficacité réelle a été de dresser des catégories de la population contre d’autres. S’est-on assez inquiété des lieutenants de Sarkozy, à commencer par François Fillon, donné comme possible Premier ministre en cas de victoire du président de l’UMP ? Qu’on se souvienne de la façon dont, ministre des Affaires sociales, il a imposé la réforme du système des retraites dans le mépris de la concertation sociale ; qu’on se rappelle la brutalité qu’il a opposée aux lycéens mobilisés contre sa Loi sur l’école. Dans les deux cas, une méthode de gouvernement qui laisse augurer de la manière politique des années à venir, dans l’hypothèse où Sarkozy l’emporterait. Quand on estime que l’enjeu même de la politique est d’accroître le pouvoir de chacun sur sa propre vie, quand on croit que cette politique s’invente aussi dans les mobilisations, dans les associations et dans les Organisations non gouvernementales, rien n’est plus urgent, à l’heure qu’il est, que de faire barrage à Nicolas Sarkozy et à ceux qui gouverneront avec lui. Voter Ségolène Royal, c’est, dans cette perspective, se ménager la possibilité même de continuer à travailler politiquement, fût-ce d’une manière conflictuelle, et autrement que sur le seul mode de la résistance. par Philippe Mangeot, ancien président d’Act-Up.
30- Je veux rester une intellectuelle libre Je ne voterai pas Sarkozy parce que j’aime une France libre et responsable, la démocratie, non la force, la diversité et non une identité nationale figée. Ségolène a ses défauts. Oui, Sarkozy a quelques bonnes idées. Je ne sais pas à coup sûr lequel serait le meilleur président, mais je sais lequel ne répond pas à mes attentes. Nos jeunes demandent des emplois, et nos anciens aide et considération. Cela n’est possible que dans une société du partage et de la générosité, pas dans celle imaginée par Sarkozy, et entièrement tournée vers le profit. Certes, le travail est notre dignité, mais faut-il encore s’en donner les moyens en réformant l’école et l’université pour préparer nos jeunes à une société dynamique. Sans oublier que la culture, aussi, est le socle de la civilisation. Sarkozy aime-t-il le savoir ? Et Ségolène ? J’ai le cœur à gauche et j’ose croire qu’elle ne le méprise pas, non plus que les intellectuels. La France a besoin d’une économie forte, de cadres performants, d’ouvriers qualifiés, mais aussi d’intellectuels dignes de ce nom, comme ceux qui ont fait hier sa gloire aux yeux du monde. Pas seulement d’intellectuels médiatiques, traîtres à l’idéal dreyfusard, s’alliant avec la droite et pactisant avec le nationalisme, comme leurs prédécesseurs des années 1920, dénoncés par Julien Benda dans La Trahison des clercs. Je ne voterai pas Sarkozy parce que je suis une intellectuelle libre et que je veux le rester. par Esther Benbassa, directrice d’études à l’École pratique des Hautes Études.
31- Il ne s’adresse qu’aux individus Si on se réfère à son action politique, preuve est faite qu’il n’a pas le sens des fondamentaux, du non-négociable, des principes qu’il faut nécessairement préserver pour qu’une société continue – pacifiquement, collectivement – de prospérer socialement. Bien sûr qu’il faut réformer ; aucune démocratie adulte n’y coupe. Mais pour bien réformer, il faut impérativement s’inscrire dans un cadre de valeurs démocratiques et de justice sociale. Et Nicolas Sarkozy est prêt à faire voler ce cadre en éclats. Je crois tout simplement qu’il n’a aucun sens de la citoyenneté, ni de la République. Il s’adresse aux seuls individus, en titillant leur petite différence, quitte à diviser la société. Lui qui cite à tout-va l’identité française, il a tout simplement manqué ce fait essentiel que l’on ne dissocie pas, en France, démocratie et République. En fait, il est sans ambition réelle pour notre pays. Sans vision. Le concernant, il est en proie à tous les fantasmes. Mais pour le rêve collectif, vous repasserez… par Cynthia Fleury, philosophe.
32- " Il serait le plus fort ! Eh bien alors, j’opte pour la raison du plus faible. Il y a la Raison, pour ne pas voter Sarkozy. " par Remo Gary, chanteur.
33- Trouver une bonne raison… choix crucial : Mythomanie ou schizophrénie ? Paranoïa ou syndrome de persécution ? Mégalomanie ou folie des grandeurs ? Revanche à prendre ou soif de pouvoir ? Sadisme, masochisme ou les 2 ? Complexe d’infériorité ou de supériorité ? Peur, haine, manipulation ou les 3 ? par Imhotep, membre du groupe IAM.
34- Pour une présidence sereine Les années Sarkozy au ministère de l’Intérieur, ce fut : • La fin d’une justice neutre et indépendante par la nomination de proches comme directrice de la police judiciaire, procureur général de Paris et procureur des Hauts-de-Seine. • Le mauvais exemple donné aux jeunes à qui il demande de respecter les lois et la justice alors qu’en tant que ministre de l’Intérieur, il a été condamné pour violation d’une décision de justice dans l’affaire du Tecknival. • Les mensonges sur les décisions de justice quand, par exemple, il a prétendu qu’une décision avait été rendue par " un juge qui doit payer " alors qu’il s’agissait d’une décision collégiale, rendue avec l’avis favorable du parquet, du directeur de la maison d’arrêt, du service éducatif, du psychologue, dans le seul but de manipuler la peine d’une famille à son profit. • Le désir de tout diriger, au mépris de la séparation des pouvoirs et des compétences des ministres de la Justice. • La stratégie visant à opposer la justice et la police qui devraient pourtant travailler ensemble. • Les annonces frénétiques de réformes pénales inutiles, non pensées, non financées et au final inefficaces (une augmentation sans précédent du nombre des violences aux personnes). Qui pourrait contrecarrer son désir de pouvoir s’il devenait, comme président de la République, le président du Conseil supérieur de la magistrature ? Sous la Ve République, le Président doit être serein, respectueux des contre-pouvoirs, apaisé, fédérateur. Il est l’inverse. par Dominique Barella, ancien président de l’Union syndicale des magistrats.
35- Démocratie oblige Les démocraties occidentales obligent à la démagogie. Il faut, pour conquérir une majorité de voix, répondre à des intérêts divers et même parfois opposés. Nous appelons à voter Ségolène Royal non pas pour ce qu’elle nous promet, mais pour l’histoire qu’elle incarne. De cette histoire-là, de l’histoire de la gauche, de l’histoire des pauvres gens et de leurs défenseurs, je me sens proche. Et parce que je ne crois pas beaucoup aux conversions de Nicolas Sarkozy et de François Bayrou qui incarnent, eux, l’histoire de la bourgeoisie française et de ses privilèges, je ne crois pas non plus aux concessions à la droite de la candidate qui, quoi qu’elle en dise, reste jusqu’à nouvel ordre la candidate du Parti socialiste. Démocratie oblige, comme je le disais plus haut. par Ariane Ascaride, comédienne et Robert Guediguian, réalisateur.
36- Pour un état pluraliste J’aime la diversité, les rencontres, les découvertes, les couleurs de notre pays, le mélange des sons, des langues, des musiques et des cuisines. Tout simplement, j’aime la vie ! Pour toutes ces raisons, je ne voterai pas Nicolas Sarkozy qui va mener une politique répressive et discriminatoire de contrôle de la population. Avec lui, l’ensemble des droits économiques, sociaux et culturels sont menacés. Il veut un État ambulance basé sur la charité privée et la compassion, il ne sait pas ce que sont les valeurs de la solidarité. Il n’hésitera pas à faire tout cela, il l’a dit ! Peu lui importe que ce soit en rupture avec notre cadre démocratique ou que cela entraîne une rupture institutionnelle de l’ordre et de nos valeurs. Ainsi ne veut-il pas imposer une construction européenne favorisant la loi du marché, contraire aux valeurs de l’Humanité. Il va s’aligner sur la politique nord-américaine et demander que la France mène une politique d’agression contre les peuples, peu lui importe que l’ordre onusien soit démantelé, peu lui importe de remettre en cause le cadre multilatéral de l’ONU qui est l’une des avancées majeures de l’Humanité tout entière. Il préfère, ici et ailleurs, une société darwinienne où règne le plus fort qui écrase les plus faibles et la soumission des citoyens et des peuples à un ordre injuste et dangereux. Je ne me reconnais pas dans l’État que demande N. Sarkozy. Je ne me reconnais pas dans un État autoritaire. Je me reconnais dans les valeurs fondatrices de la République dont la source remonte à 1789. Je me reconnais dans un État pluraliste et démocratique. Nous sommes nombreux à désirer continuer à vivre ici, tous ensemble ! par Mireille Fanon-Mendès France, militante associative.
37- Le renvoyer à Neuilly N’en doutons pas, Nicolas Sarkozy a un projet. Et il compte bien l’appliquer. Au menu, pour le pire et le pire : l’alliage toxique entre ultralibéralisme et autoritarisme. Si le leader de l’UMP gagne, ce sera moins de protections sociales, moins de droits attachés à la personne, moins de services publics, moins de libertés mais plus de précarité et de flexibilité, plus de concurrence, toujours davantage de casse du droit du travail et de chasse aux sans-papiers. Du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite à la baisse des impôts pour les plus riches, en passant par la remise en cause du droit de grève, les reculs sociaux ne manqueront. L’État qui se dégagera un peu plus encore de la sphère économique affirmera son autorité par un retour à l’ordre et la mise sous surveillance de nos libertés. Nicolas Sarkozy est un homme qui attise les peurs et oppose les individus entre eux. Quand nous avons besoin d’humanité et de solidarité. Du " Kärsher " à la " racaille ", les insultes envers certaines populations sont insupportables et incompatibles avec la fonction d’un homme d’État qui a vocation à rassembler. Le champion de l’UMP brille également par sa confusion des pouvoirs : interventionnisme dans les affaires de justice, connivence avec les milieux d’affaires et remise en cause de l’indépendance des journalistes. J’ai peur pour mon pays, je suis inquiète pour les classes populaires, je suis préoccupée de l’avenir de notre démocratie. Le 6 mai, sans hésiter – sans grande illusion non plus… –, je voterai pour Ségolène Royal. par Clémentine Autain, directrice du mensuel " Regards ".
38- Pour sauver notre système social Le premier tour a été dominé par une question centrale : pour ou contre Nicolas Sarkozy. Exacerbé par le présidentialisme et la médiatisation, cet enjeu a dominé tous les autres. A gauche, le dramatique danger de voir l’emporter une coalition de la droite et de l’extrême droite a produit un véritable effet de souffle du vote dit " utile " qui a joué massivement en faveur de Ségolène Royal, et même pour une part de François Bayrou. Il a particulièrement joué sur les électrices et électeurs les plus déterminés à faire gagner la gauche, notamment un grand nombre d’électrices et d’électeurs communistes. Ces résultats ne sauraient traduire l’audience réelle du Parti communiste dans notre pays. Nicolas Sarkozy est un homme dangereux qui a délibérément choisi de reprendre les thèses insupportables du Front national afin de devenir le candidat de la droite et de l’extrême droite. Il doit absolument être battu. Lucide sur les insuffisances et les ambiguïtés du programme de la candidate socialiste, j’appelle à voter et faire voter Ségolène Royal le 6 mai. La situation est difficile. Avec moins de 40 % des suffrages exprimés, la gauche réalise un de ses plus bas scores sous la Ve République. Jusqu’au 6 mai, il faut tout faire pour battre Sarkozy. C’est vital pour notre peuple qui, sans cela, subirait durant cinq ans la politique ultralibérale d’une droite décidée à en finir une fois pour toutes avec notre système social. par Gérard Streiff, journaliste.
39- " J’ai toujours voté socialiste et je continuerai à voter socialiste quelle que soit la personne en face. " par Théo Klein, avocat.
40- Nous vivons une époque fabuleuse Nous vivons une époque fabuleuse où : • des policiers en pleine forme physique traînent devant les tribunaux des gens cabossés qu’ils accusent d’agression envers eux, • des enfants sont attendus par la police à la sortie des écoles, • le pilier d’un gouvernement en faillite se prétend le candidat de " la rupture " avec ledit gouvernement, • un homme qui passe son temps à brandir des menaces dit vouloir nous guérir de la peur, • des gens qui demandent l’asile politique sont renvoyés dans leur pays, où ils trouvent la mort, • un homme qui prêche l’exclusion parle de venir au secours des " handicapés de la vie " etc., etc. Bref, une époque où un pyromane se fait passer pour un pompier. Cet homme-là est bien l’héritier d’un système dans lequel un Président voleur se posait en victime. De façon tout aussi " abracadabrantesque ", cet homme qui stigmatise les autres se prétend victime d’une diabolisation. C’est parce qu’il dit tout et son contraire, qu’il sème la confusion et la division sous la bannière " ensemble " que je ne voterai pas Nicolas Sarkozy. par François Guérif, directeur des Éditions Rivages.
28- Pour plus de dialogue social Il y a tout lieu de craindre, si Nicolas Sarkozy arrive au pouvoir, une rupture dans le mauvais sens du terme. D’abord, la France, sur un plan économique et social, n’a pas besoin de rupture. Elle a besoin de ce que Ségolène Royal propose, à savoir une évolution vers le modèle scandinave, vers plus de dialogue social. Nicolas Sarkozy est dans une logique de démembrement des acquis sociaux et des services publics. Sa proposition consistant à travailler plus pour gagner plus est dangereuse car les Français travaillent déjà beaucoup et sont déjà productifs. Par ailleurs, l’écologie et le développement durable ne sont pas ses priorités. Ces questions exigent de grandes interventions publiques et que l’on s’oppose fermement aux lobbies, ce qui n’est pas dans son optique non plus. par Guillaume Duval, rédacteur en chef de " Alternatives Économiques ".
vendredi 4 mai 2007
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