69 bonnes raisons de ne pas voter Nicolas Sarkozy 4
42- Le degré zéro des sciences humaines Ensemble, tout devient possible, chacun connaît. Sur une affiche détournée, le slogan sarkozyste devient : " Ensemble, sans les pauvres, les étrangers, les RMIstes, la gauche, l’extrême gauche, les communistes, le CDI, les homosexuels, les intermittents, les séropositifs, les handicapés, un ministère de l’Éducation, de la Culture, les journalistes indépendants, les Noirs, les Arabes, les Noah, les Thuram et le mec qui a piqué ma femme, tout devient possible. " Bien vu. Loin des propos tout miel du soir du premier tour, le vrai Sarkozy est là. Nettoyer le terrain est son art de gouverner. Ministre de la Police, il fait voter en mars une loi belliqueuse de prévention de la délinquance juvénile, et veut dicter sa politique pénale au tribunal pour enfants de Bobigny. Il fait expulser des sans-papiers en nombre, même mineurs, et invente le fichier Éloi de surveillance des citoyens en contact avec des étrangers (annulé par le Conseil d’État). Il veut traquer les germes d’asocialité dès la crèche et tient des propos néo-conservateurs sur les dispositions innées à la pédophilie ou au suicide ! Sarkozy, le degré zéro des sciences humaines et sociales. Sous le drapeau de l’ordre public et de la protection des faibles, l’incontrôlable est capable de tout, et surtout du pire. Quand un exécutif tout-puissant ne respecte même plus l’indépendance et l’impartialité judiciaire, il y a grand danger pour nos libertés publiques. C’est de loin le plus grave. On ne pourra pas dire qu’on ne le savait pas. par Michel Chauvière, directeur de recherche au CNRS.
43- Tout nous oppose Nous ne voterons pas Sarkozy pour deux raisons, au moins. D’un point de vue général, il incarne une société qui joue la carte de la division à outrance, il nous prépare à une guerre du tous contre tous, comme sorti des entrailles d’un Léviathan revigoré. À titre personnel, nous avons une relation très suivie avec M. Sarkozy depuis cinq ans. En 2002, il a déposé une plainte contre nous, comme ministre de l’Intérieur. Il n’a pas attaqué notre musique mais un texte écrit dans un petit journal que l’on avait publié pour accompagner la sortie d’un album, dans lequel on rappelait que certaines personnes décédaient suite à des violences policières. Or, sa plainte a été déboutée en première instance, puis en appel. Mais il continue et nous poursuit en cassation. Ce procès nous a coûté 14 000 euros en frais d’avocat. Tout nous oppose. Selon lui, il n’y aurait qu’une forme d’insécurité, celle qui vient des pauvres, des couches populaires. On ne parle pas de leur insécurité matérielle, ni de la criminalité qui vient d’en haut. Depuis vingt ans que l’on vit dans des quartiers populaires, à Paris et en banlieue, nous n’avons pas été tendres non plus avec les socialistes. Mais à tout prendre, mieux vaut l’hypocrisie socialiste que la brutalité arrogante de Sarkozy. par La Rumeur.
41- Comment va la vie en France? Le 4 avril, j’ai pris l’avion pour Budapest afin d’y célébrer, en famille, les 93 ans de mon père. Mon père est très étonné d’être encore de ce monde, il s’attendait depuis toujours à mourir jeune comme ses deux parents : à l’âge de 10 ans, il avait perdu son père, à 12 sa mère. Troisième enfant d’une fratrie de cinq, quatre garçons et une fille, il a vu son jeune frère et sa petite sœur intégrer l’orphelinat tandis que lui, déjà assez grand pour travailler, a dû arrêter l’école et gagner sa vie en tant qu’apprenti. Autodidacte, il est devenu un homme cultivé. Lorsque, petite fille, je lui avais demandé de quoi sont morts mes grands-parents, il m’a dit : " De misère, de pauvreté. ". La veille de mon départ, donc, le 3 avril au soir, je regarde les informations sur France 2 et j’apprends que ce jour-là, à l’heure du repas de midi, une directrice d’école primaire a fait aligner, le long de la barrière de la cour de récré, la vingtaine de petits garçons et petites filles dont les parents n’avaient pas réglé le prix de la cantine. Elle leur a fait distribuer de l’eau et du pain sec. Je regarde, j’écoute et je commence à faire ma valise. Mes larmes ne se sont mises à couler que le lendemain lorsque, en réponse à la question de mon père " alors, comment va la vie en France ? ", je lui ai raconté cette histoire. Je lui ai également raconté celle d’une autre directrice d’école, celle qui avait le courage de chasser les flics de Sarko venus arrêter un grand-père dont les papiers n’étaient pas en règle, devant la porte de l’établissement où il était venu chercher sa petite-fille. Sàrközy, en hongrois, veut dire " de l’île boueuse ". Il porte, hélas, bien son nom. Avec la peur au ventre et l’espoir au fond du cœur. par Livia Javor, psychothérapeute.
44- Notre pays a besoin de mesure Je suis et je serai toujours profondément de gauche. L’idée même de voter pour Nicolas Sarkozy est donc pour moi inconcevable. Nicolas Sarkozy constitue une menace. Il est animé par trop de hargne pour diriger notre pays avec mesure et générosité. Il est par trop sectaire pour agir dans le respect et l’intérêt du plus grand nombre. par Pascal Dessaint, écrivain.
45- Pour protéger l’école de la République Parmi les nombreuses raisons que j’ai de ne pas voter pour Sarkozy, et de voter contre, je n’en citerai qu’une qui suffit à elle seule. Quelqu’un qui ose retirer des enfants de l’école de la République pour les envoyer vers un destin pour le moins incertain ne peut pas être président de cette République. par Françoise Balibar, physicienne.
46- Le relais de la pensée Bush Nicolas Sarkozy pratique au niveau hexagonal la politique que mène Bush au niveau mondial. Il est le digne héritier du Président américain. Sarkozy est dangereux car il attise les tensions et provoque les clivages en relayant la pensée de Bush en France. Il a derrière lui la puissance économique, financière, doctrinaire et médiatique de Bush. Il suscite les clivages civilisationnels, culturels et économiques entre les hommes. Il a la même vision manichéenne du monde. Sarkozy est un pyromane exacerbé. C’est un pur idéologue, conscient de ce qu’il fait et dit. Ses dérapages sont voulus et montrent son vrai visage. Il fait semblant d’éteindre le feu avec un bidon de pétrole ! Le plus grand danger chez Sarkozy réside dans sa politique étrangère, miroir de sa politique intérieure. Si Bush part en guerre contre l’Iran, il est à parier que Sarkozy le suivra ! par Jean-Claude Amara, cofondateur de Droit au Logement et de Droits Devant !
47- Un cancre devenu chef de gang C’est un cancre qui a dû sécher les cours de biologie, devenu chef de gang, et qui propose encore, aujourd’hui, de débattre de l’importance de la prédétermination génétique chez ceux qu’il voit comme des déviants sociaux et marginaux de la norme admise. Type du sale personnage, modèle roquet hargneux aux dents longues, issu d’un canevas de roman de SF des années 70, dangereux pour la démocratie dont il se fait le héros et le héraut, il ne craint pas de courtiser en s’adressant à tous les peureux qu’il protégera, mauvais comédien mais larme à l’œil pour cette facette d’une quasi-réincarnation squattée de l’abbé Pierre… par Pierre Pelot, écrivain.
48- La France mérite mieux Le " rassembleur " excelle dans l’amputation de la France des pages de son histoire. Cela ne conforte pas son idéal de société, qui est élitiste (l’immigration choisie en est l’instrument), xénophobe (même s’il s’en défend et parvient à tromper une partie de l’électorat noir et arabe) et marchande. Le candidat de l’UMP aura réussi, en quelques années, à banaliser le racisme anti-noir en accablant les Africain(e)s au lieu de se dire que chaque jeune Malien, Sénégalais, Camerounais… qui émigre dans la clandestinité aura d’abord assisté, impuissant, au pillage de son pays dans le cadre de l’ordre économique mondial dont il est l’un des fervents défenseurs. La France peut assurément mieux pour elle-même, l’Afrique et le monde. par Aminata D. Traoré, ancienne ministre de la Culture du Mali.
49- " SARKOZY = RÉPUBLIQUE - 1905 = 0 " par Cyril Aouizerate, président du club Spinoza.
50- Le bon plaisir du prince Beaucoup de candidats, de Bayrou à Buffet en passant par Royal, ont explicitement appelé à changer de République. Ils font tous le même constat : cinquante ans de présidentialisme ont atrophié la démocratie représentative. La France est devenue le régime le plus anachronique et archaïque de toute l’Union européenne. Sa Constitution est à elle seule un obstacle à l’engagement de la France dans la construction d’une Europe démocratique. Les décisions, depuis les questions de Défense jusqu’aux nominations aux emplois stratégiques, y relèvent d’un " bon plaisir du prince " de type monarchique. La séparation des pouvoirs est bafouée tous les jours, y compris et surtout pour ce qui est du " quatrième pouvoir ", celui des médias. Cette situation est un facteur de crise grave entre les gouvernants et les gouvernés. Or, Nicolas Sarkozy propose de l’amplifier. Il a déjà envahi le ministère de la Justice quand il était ministre de la Police ; il a annoncé l’effacement du Premier ministre de l’organigramme institutionnel sans pour autant proposer un véritable régime présidentiel avec ses nombreux contre-pouvoirs. En fait, il veut s’imposer comme le seul chef de la majorité parlementaire, exploitant en cela tous les effets pervers du quinquennat présidentiel. Sa fascination pour le pouvoir et la violence qu’il met dans cette passion toute personnelle élargiront la fracture démocratique déjà si forte. Sarkozy est le candidat d’une oligarchie surpuissante et c’est la raison pour laquelle je ne voterai pas pour lui. par Paul Alliès, professeur de science politique.
51- Pour un vrai changement de cap " Toute protection contre un mal nous met sous la dépendance de ce mal ", écrivait vers 1840 le philosophe américain Emerson. C’est la question que je me pose s’agissant de Sarkozy. Il nous protège du Front national en nous plaçant sous la dépendance de ses grands thèmes, de l’insécurité, du repli nationaliste. Il y a cependant chez lui une capacité à déplacer la question, et c’est un libéral, comme on le voit sur les questions religieuses autant que sur les questions économiques. Mais si on ne veut pas de la nouvelle alliance qui se dessine, dans tant de régimes de la planète, entre un libéralisme économique et un autoritarisme politique, il faudrait aller beaucoup plus résolument vers un véritable libéralisme politique. Et là, je pense que Sarkozy ne veut pas aller jusqu’au bout de la grande " réforme " qu’il préconise. C’est pourquoi il risque de nous planter dans une situation durcie et manichéenne. On peut cependant faire un rêve : c’est que Sarkozy, comme De Gaulle face à l’événement, trahisse sa majorité et prenne le virage radical que nous attendons des politiques. Celui d’une prise en compte enfin sérieuse des menaces climatiques, de l’épuisement des ressources, de nos impasses énergétiques, et des guerres que tout cela prépare, notamment dans l’opposition entre un Nord barbare d’excessive puissance et un Sud barbare d’excessive faiblesse. C’est à nous de faire sentir l’imminence de l’événement qui décidera, quel que soit le Président, le changement de cap à accomplir. par Olivier Abel, théologien protestant.
52- On ne naît pas pédophile Tous les candidats disent des bêtises. Mais tous les candidats ne disent pas des choses qui, tout simplement, interdisent de voter pour eux. Nicolas Sarkozy est crédité aujourd’hui du maximum d’intentions de votes. Il est réellement susceptible d’accéder à la présidence de la République française. Or, il a dit quelque chose (au moins une chose) qui nous interdit de voter pour lui. Nous, généticiens, psychiatres, anthropologues, juristes, philosophes, sommes indignés à l’idée que le président de la République Française puisse penser et dire qu’il pense qu’" on naît pédophile ". Chacune des sciences, chacun des savoirs que nous représentons et pratiquons s’inscrivent en faux contre cette affirmation. Gregor Mendel, Sigmund Freud, Marcel Mauss, René Cassin, Emmanuel Kant, Paul Ricœur et Jacques Derrida pensaient de même. par Barbara Cassin, philosophe.
53- Cet homme est dangereux Le titre du numéro 2 de la défunte Série Noire s’applique très bien au numéro 1 de l’UMP : quel autre qualificatif pour un ministre en exercice qui déclare sans gêne aucune vouloir utiliser les pouvoirs de sa charge pour vider ses querelles personnelles et qui intervient en personne pour faire interdire de parution un livre qui lui déplaît (la première chose que brûlent les ennemis de la liberté, ce sont les livres, il n’est pas inutile de le rappeler), ou pour faire renvoyer un rédacteur en chef à ses yeux pas assez dans le rang, un candidat qui trépigne de rage au maquillage d’un studio de télévision dont la direction ne rampe pas assez à son goût devant ses bottines et qui professe le principe de fatalité génétique pour expliquer la pédophilie ou le suicide – vous confieriez, entre autres, les quelques 60 mégatonnes de la dissuasion nucléaire à un illuminé capricieux incapable de maîtriser ses nerfs, vous ? Moi pas. Cela dit, Nicolas Sarkozy serait dépourvu de toute dangerosité que je persisterai à voter comme je l’ai toujours fait, en me souvenant, chaque fois que je suis dans un isoloir, que j’ai été sinon content, du moins pas si malheureux que ça de vivre en France quand elle était " socialiste " (avec des guillemets, quand même) plutôt que sous le joug du libéralisme effréné du Royaume-Uni thatchérien ou des États-Unis façon Reagan et Bush père & fils. Alors, aujourd’hui comme hier... Mieux vaut se ramasser une mauvaise gauche qu’une bonne droite, ça fait toujours moins mal. par Jean-Hugues Oppel, écrivain.
54- En souvenir de Sartre " Il y a beaucoup de raisons pour lesquelles je ne vais pas voter pour Nicolas Sarkozy. La raison principale est son choix du libéralisme. Il en revient à l’abandon d’une société humaine à des forces qui la dépassent. Face à cette politique, je lui répondrai par une citation de Jean-Paul Sartre : "L’homme est condamné à inventer l’homme". L’option du libéralisme, c’est d’abandonner tout moyen de peser sur le destin de la société, alors qu’il faut choisir son propre chemin. par Albert Jacquard, généticien.
/image%2F0551212%2F20170620%2Fob_74cedc_bandeau-pcf.jpg)