Nicolas Sarkozy et le retour à la barbarie
Dans une interview donnée au journal 20 minutes le 16 avril, Nicolas Sarkozy annonce que l’étude des littératures anciennes est un luxe qui coûte cher — car il
y a beaucoup de candidats aux concours et peu de postes —, et qu’elle sera donc supprimée s’il parvient au pouvoir.
Ainsi, haro sur la philologie !
C’est le même individu qui avait déclaré, au philosophe Michel Onfray, que la phrase " Connais-toi toi-même " est la plus absurde qu’il n’avait jamais entendue.
Haro sur la philosophie !
Et, au cours d’un débat sur la pédophilie, le même a pu dire que " les circonstances n’expliquent pas tout, la part de l’inné est immense ".
Donc, haro sur la psychologie, la sociologie, la psychiatrie, les sciences cognitives !
A la place, dit l’interview, on donnera des crédits pour l’informatique, les mathématiques, l’économie.
Tout homme politique responsable, voyant l’état des langues anciennes, victimes successivement de la suppression des options à faibles effectifs, de l’adaptation voulue des établissement à l’" environnement " économique et industriel, de la notion de " bassin " (qui réserve l’enseignement de ces matières à un petit nombre de lycées) et de la concurrence des " Travaux Pédagogiques encadrés " (qui donnent autant de points au bac pour un travail bien moindre) aurait pris la position inverse : il faut restaurer les conditions d’un enseignement réel des langues anciennes, et augmenter le nombre de poste aux concours. Au lieu de cela, M. Sarkozy abolit une matière, et a dans le " collimateur " toutes celles qui aident à la réflexion, fournissent du recul, donnent de la profondeur aux connaissances, donnent du sens.
Refuser l’étude des langues qui sont constitutives du français, c’est crier haro sur l’histoire.
Pas de philosophie, pas de philologie, pas de psychologie, pas de sociologie, pas de psychiatrie. . . pas d’histoire !
L’horizon que propose M. Sarkozy aux Français, c’est celui de la rentabilité immédiate.
M. Sarkozy est bien du temps du capitalisme actionnaire ! Sa vision de la " culture " nous ramène des siècles en arrière.
Avec lui, la barbarie est en marche.
Signé :
Bernard Sergent, Helléniste, historien, Chercheur au CNRS
et
Jean-Loic Le Quellec, Préhistorien, Directeur de Recherche au CNRS
mercredi 2 mai 2007
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