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Entrer en résistance

 

 

Lorsqu’un pays est sur le point de changer de gouvernement, et que ce nouveau gouvernement peut être un gouvernement brutal ou traître aux intérêts de la majorité des citoyens, contraire à l’intérêt public civil et à l’intérêt public social, soit ce pays abdique, soit il s’en accommode, soit il entre en résistance.

Il est très probable que, demain, les libertés fondamentales telles que la liberté d’expression, la liberté de la presse, le droit de grève, mais aussi les acquis sociaux et politiques, seront davantage menacés qu’ils ne le sont déjà.

Les espoirs de rassemblement de la gauche anticapitaliste vont souffrir de la faiblesse des derniers résultats électoraux, quel que soit le vainqueur de l’élection présidentielle.

Il y a, de toutes manières, de fortes chances que nous subissions un gouvernement qui ne prendra pas en compte les aspirations et les besoins des plus fragiles mais favorisera au contraire les intérêts de ceux qui tiennent déjà solidement en main les rênes du pouvoir économique, culturel et politique.

On ne s’occupera pas de régler les causes de la misère et de l’exclusion sociale.

On s’occupera en revanche du démantèlement des organisations syndicales au profit de la reconnaissance de syndicats patronaux.

On s’occupera également (et l’on s’occupe déjà, en réalité), du démantèlement de la gauche réellement anticapitaliste, notamment par un " recentrage " du parti qui fût autrefois le premier parti de gauche en France, ce qui devrait nous conduire tout droit à un panorama ressemblant à s’y méprendre à celui du bipartisme américain.

Certains pensent qu’on n’y peut rien : ils abdiquent.

D’autres, les plus nombreux, n’acceptent pas vraiment la situation, mais, ayant justement bien perçu l’ampleur du désastre, ils préfèrent se concentrer sur la préservation de leurs intérêts personnels, ou de leurs intérêts de classe (classe politique souvent) et essaient de nous enfumer par des théories douteuses qui justifieraient, qui légitimeraient, une sorte de " nécessité historique " d’en arriver à unir la gauche et le centre.

Ils joueront en cela le rôle d’une infirmière qui vient vous endormir avec un sourire rassurant avant que l’on vous coupe la jambe.

On voit déjà les prémices de ce raisonnement chez José Bové par exemple, et d’autres " antilibéraux ".

Il en est enfin qui choisissent d’entrer en résistance, parce qu’ils considèrent que la démocratie n’est pas à vendre, que les idéaux et les utopies doivent et peuvent encore avoir une longue vie, que participer activement à la reconstitution d’une force anticapitaliste viable est un impératif catégorique, et que l’amour et la liberté sont des valeurs primordiales qu’il convient de protéger à toutes forces.

Sans faire de cette déclaration de principe un motif d’autosatisfaction pathologique, je ne peux cacher qu’il y a en moi une forte tendance à me sentir comme partie de ce dernier groupe de personnes…

mercredi 2 mai 2007


de Roberto Ferrario
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Tag(s) : #Débat après le 22 avril 2007
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