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Politique - Article paru le 30 mai 2009 dans l'Humanité

 

Les salariés de STMicro veulent partager les richesses!




Salaires . En grève illimitée, ils refusent de payer les conséquences de la crise alors que les actionnaires vont se partager 120 millions de dollars.

Marseille (Bouches-du-Rhône),correspondant régional.


Depuis mercredi soir, le site de Rousset (près d’Aix-en-Provence) de ST Microelectronics se trouve en grève illimitée. Le mouvement, lancé par la CGT et auquel s’est jointe, jeudi, la CFDT, est suivi par environ 60 % des 900 salariés concernés (sur les 2 800 que compte le site). « Nous ne contestons pas une baisse des commandes mais nous contestons les choix de la direction de nous faire payer les soi-disant conséquences de la crise, explique Yann Moret, responsable CGT. La goutte qui a fait déborder le vase, c’est l’annonce de ld’intérimaires alors que l’on fait toujours planer des menaces de chômage. » Mais le vase était déjà bien plein. Depuis le début de l’année, une trentaine de jours de chômage et de congés payés ont été posés autoritairement et le gel des rémunérations a été décrété pour 2009. « Du 15 au 30 avril, on nous a mis en chômage et on nous a rappelés pour nous faire travailler les 1er et 8 mai. Incompréhensible », dénonce le syndicaliste.

Quelques annonces réalisées la semaine dernière ont également aiguisé la colère : les actionnaires vont se partager pas moins de 120 millions de dollars tandis que les 23 plus hauts dirigeants de ST vont se partager plus de 40 millions d’euros de salaire annuel. « C’est un scandale ! tonne le syndicat CGT de l’entreprise. La santé financière de ST est saine, l’argent existe, il doit être redistribué à l’ensemble du personnel et non pas seulement à quelques actionnaires et grands dirigeants de l’entreprise. » Les grévistes formulent donc les propositions suivantes : une augmentation de salaires, une prime exceptionnelle pour compenser les pertes de salaires dues au chômage, la réaffectation des congés imposés en début d’année, la garantie du paiement à 100 % des jours de chômage et la reprise des investissements dans l’entreprise pour s’assurer la pérennité de nos emplois.

Après avoir rencontré à deux reprises la direction de l’usine, les représentants des grévistes devaient être reçus hier, à Lyon, par la direction nationale, pour des « discussions et échanges » sur la situation. Il ne s’agit pas encore d’ouverture de négociations mais « la réaction assez rapide des directions constitue un point positif », estime Yann Moret.

Christophe Deroubaix

Tag(s) : #Politique