Vingt-cinq ans après, les Restos au cœur de la crise !
Du lait deuxième âge, des haricots verts, du savon et un ballet politico-médiatique. Le centre de distribution d’Alleray (Paris 15e), ancien local de La Poste, qui accueillait hier le lancement de la 25e campagne des Restos du cœur, était noir de monde. Et pour cause.
L’heure, en effet, est à l’inquiétude. Si chaque nouvelle campagne des Restos amène les observateurs à disserter sur
« cette année de trop », aujourd’hui, Olivier Berthe, leur président, s’interroge sur l’avenir. Au moment où le besoin d’aide a crû autant que les prix des produits alimentaires et où
les budgets publics décroissent. En 2010, l’enveloppe européenne dédiée aux associations devrait baisser de 3 millions d’euros et rien ne dit que l’aide exceptionnelle de 10 millions d’euros,
débloquée par le gouvernement en 2009, sera reconduite dans son intégralité. Pourtant, à la fin de l’hiver dernier, les Restos du cœur avaient distribué 100 millions de repas. Soit 14 % de
fréquentation supplémentaire.
L’aide exceptionnelle sera-t-elle reconduite ?
« Le besoin d’aide n’a jamais été aussi important, insiste le président des Restos. Pendant l’été, la moitié de nos centres ont continué à tourner. Nous attendons des décisions politiques.
Il n’a pas fallu longtemps pour débloquer des millions pour les banques, nous attendons le même égard pour les plus démunis. » Olivier Berthe rappelle au passage que les associations ne
peuvent en aucun cas se substituer aux pouvoirs publics. Représentés hier par Benoist Apparu, le secrétaire d’État au Logement, ces derniers n’ont pas manqué d’être fermement interpellés par
l’association. Mais aussi par les responsables politiques. « En ne reconduisant pas les aides, a prévenu Anne Hidalgo, première adjointe (PS) au maire de Paris, le gouvernement montrerait
qu’il ne prend pas en compte la dégradation de la situation économique et sociale de ce pays. Et ce, alors qu’il continue à s’entêter avec une politique fiscale injuste qui sert les 5 % de
la population qui en ont le moins besoin. »
Les associations reçues lundi prochain
De son côté, Benoist Apparu a affirmé que l’État accompagnerait « le financement de l’augmentation des besoins de l’aide alimentaire », précisant qu’il fallait évaluer « la bonne
jauge » de ce financement. Une réunion sur le sujet est prévue lundi prochain au ministère, avec, outre les Restos du cœur, les banques alimentaires, le Secours populaire français et la
Croix-Rouge.
Lina Sankari
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