Dans le Var, la colère gagne du terrain
Article paru dans La Marseillaise du mercredi 18 mai
2011
Pour la rentrée, seulement trois ouvertures de classes sont programmées sur Toulon, dont une à l’école maternelle Jules Muraire, contre une dizaine de fermetures. Le compte n’y est pas. BRUNO
ISOLDA
Alors que les inscriptions dans les écoles ont démarré, la communauté éducative se mobilise contre les fermetures de classes et
les suppressions de postes pour la rentrée 2011-2012.
« Ah ? Vous êtes hors zone. Ca va être difficile alors parce que voyez-vous, on m’a supprimé une classe pour l’an prochain et je ne
sais pas encore de combien de CP je disposerai… » Alors que les inscriptions dans les écoles ont démarré, voilà une petite scène de la vie ordinaire à Toulon qui hélas risque de se répéter en vue
de la rentrée prochaine.
Des classes fermées ? Le département verra la fermeture de 55 classes contre 19 ouvertures. Il s’agit là pour partie des mesures de
carte scolaire dans les écoles varoises, prises le 31 mars dernier. Une vraie hécatombe qui n’est pas sans conséquences.
« C’est simple, l’Education nationale a attaqué l’os », commentait à l’époque un responsable syndicale. Autant dire que la rentrée
de septembre s’annonce tendue : fruit des coupes budgétaires à répétition. Le budget de 2011 ne dérogeant pas à la règle.... Si certains parents prennent enfin conscience de la situation, la
communauté éducative ne compte pas attendre là en restant les bras croisés. Il faut battre le fer tant qu’il est encore chaud d’autant que certaines luttes ont payé, comme au Revest par
exemple.
Les parents d’élèves prennent le relais.
Depuis plusieurs mois, la mobilisation est toujours à l’ordre du jour, tant du côté des enseignants que des parents d’élèves. Les
initiatives se multiplient, notamment du côté de La Seyne à l’école Ernest Renan où une classe est fermée, à La Garde à Zunino 1 ou encore au Pradet à Marcel Pagnol, pour ne citer que ceux qui
font le plus de bruit.
Du bruit, il devrait d’ailleurs y en avoir jeudi lors de la venue de Nicolas Sarkozy, le Snuipp 83 organisant au Lavandou une
manifestation « contre l’inauguration des soldes de rentrée dans l’Education nationale » (lire ci-dessous).
Quant à la FCPE (Fédération des parents d’élèves), elle prend les choses en main en organisant au niveau national et départemental
une journée d’action contre les fermetures de postes ce vendredi 20 mai. Dans le Var, une veillée sera organisée à l’école maternelle Marcel Pagnol au Pradet (rue Marie Mauron), « victime de la
politique de suppression de classes mises en place par le gouvernement ». Le rendez-vous est fixé à partir de 18h00 devant l’école (lire par ailleurs).
La situation ? « Depuis des mois, le parents d’élèves FCPE interpellent le ministre sur les conséquences désastreuses des
suppressions de postes, l’augmentation des élèves par classes, le non-remplacement des enseignants absents et l’absence de projet éducatif national », rappelle Philippe Garnier, vice-président de
la FCPE 83.
Et d’ajouter : « Mais il s’obstine à ne pas entendre la voix des parents alors que les rapports internationaux se succèdent et
soulignent l’incapacité du système éducatif français à combler les inégalités sociales et scolaires. Dans notre département, le rectorat non plus n’a pas voulu entendre les inquiétudes des
parents des écoles primaires, collèges et lycées face aux suppressions de postes et aux conséquences des dotations horaires globales. » Jeudi et vendredi, ils donneront encore tous de la
voix.
G. DE SAINT VULFRAN