Un socle puissant dans l’éducation
Enseignants. Après une grève réussie, des assemblées générales ont lieu dans les collèges et les lycées, tandis que les écoles lancent des reconductibles.
En toile de fond, la manif du 16 octobre.
« 50% des enseignants de mon collège [Massenet à Marseille] sont en grève », annonce Julien Weiss. Le signe que le mouvement engagé
depuis la rentrée scolaire est bien installé dans l’Education.
Pour ce professeur de mathématiques syndiqué au Snes, le rejet de la réforme des retraites continue de faire
l’unanimité. Il se conjugue avec des tas d’autres motifs de colère, comme l’augmentation des effectifs dans les classes et la diminution des dispositifs mis en place pour aider les
élèves.
Les retraites, c’est le dénominateur commun. Depuis la rentrée, l’Education a réussi toutes ses mobilisations
avec une participation gréviste plus qu’honorable. Après le succès de la manifestation marseillaise, les choses vont rapidement s’enchaîner : des assemblées générales vont se tenir partout dans
les établissements avec la volonté de réussir la manifestation de samedi et la grève de jeudi 21 octobre. « Il n’y a pas eu de rendez-vous manqué et nous allons faire en sorte que ça continue »,
assure le jeune enseignant.
Le Snes lance un préavis de grève pour le 21 octobre
Chaque jour compte et si, jusqu’à présent, les mobilisations ont été réussies, la journée d’hier risque de
compter double pour la suite. Dans les collèges et les lycées, un taux de 60% de grévistes a été enregistré. « Il y a un socle majoritaire et profond », constate Laurent Tramoni, secrétaire
académique du Snes.
Dans un mouvement qui n’a rien de comparable avec ceux de 1995 et 2003, tout pourrait rapidement s’emballer. Le «
tous ensemble » continue de gagner du terrain au fur et à mesure que les échéances approchent.
C’est le même discours qui est servi dans les écoles où la configuration n’est pas la même, mais où l’on a
recensé 70% de grévistes. « Une majorité stable, assure Christophe Doré du SNUipp, avec un petit turn-over. » Là aussi on sent une montée en puissance. Des assemblées générales, mais aussi des
reconductibles sont décidées dans des écoles sous des formes originales, comme c’est le cas à Arles et dans les écoles du centre de Marseille. « Il y a une détermination à vouloir se battre.
»
Dans ce secteur, une chose est sûre : on est entré dans une phase de construction d’un mouvement qui se veut
totalement atypique.
CATHERINE WALGENWITZ
/image%2F0551212%2F20170620%2Fob_74cedc_bandeau-pcf.jpg)