Un kit de survie hivernal distribué aux exilés afghans !
Ils repartent radieux, enfilant leurs nouveaux gants et essayant les sacs à dos dans lesquels sont immédiatement cachés les duvets neufs, à l’abri des envieux. Mardi après-midi, les
associations humanitaires organisaient, à Calais et à Paris, des distributions de matériel de survie pour les migrants à la rue. Près de la gare de l’Est, dans le 10e arrondissement de la
capitale, ils sont des centaines à attendre patiemment leur tour. « On leur donne des sacs de couchage et des sacs à dos », explique Laura Brav, coordinatrice de la mission France de
Médecins sans frontières, qui soupire : « Ce n’est pas du tout une solution, il leur faudrait un hébergement. »
« Ils errent toute la nuit en attendant le jour »
Actuellement, ils seraient entre 250 et 300 migrants dans le 10e arrondissement, afghans dans leur très grande majorité. Jean-Michel Centres, du collectif les Exilés du 10e, comptabilise une
trentaine de demandeurs d’asile et une dizaine de mineurs à la rue. La saturation des dispositifs d’accueil les contraint à dormir dehors, alors que les nuits s’allongent et se
refroidissent.
Depuis août, le square Villemin, qui leur servait de refuge nocturne, est fermé la nuit, sur décisions municipale et préfectorale. Une fermeture qui les précarise encore plus, regrettent les associations. « Ils trouvent refuge sous les ponts ou dans des squares, constate Laura Brav. Beaucoup ne dorment pas ou très peu. Soit la police les réveille, soit, de peur d’être arrêtés, ils errent toute la nuit en attendant le jour. Ils sont épuisés et à bout. » À l’approche de l’hiver, les risques sanitaires augmentent et les structures médicales sont saturées. En plus de son centre d’écoute et de soins qui apporte un soutien psychologique indispensable, MSF a donc décidé l’ouverture d’une consultation médicale. « Vu le nombre de personnes, ça devient très compliqué d’être pris en charge, poursuit Laura Brav. Outre les problèmes d’hygiène qui apportent la gale, il y a une recrudescence de grippe et de maladies respiratoires. »
Face à cette situation, les associations ne cessent de réclamer des mesures d’urgence, en vain. « Aucune
solution n’a été apportée, ni pour les majeurs ni pour les mineurs », déplore Jean-Michel Centres, qui rappelle qu’en trois ans, les demandes d’asile des Afghans ont été multipliées par
cinq, preuve que nombre d’entre eux souhaitent rester en France. « Même si la ville de Paris a fait des efforts sur la prise en charge des mineurs, c’est insuffisant », confirme Alain
Lhostis, conseiller communiste de Paris, qui appelle à un rassemblement le 30 novembre, près du square Villemin.
Marie Barbier
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