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Article paru le 15 avril 2010 dans l'Humanité

 

Ceci n’est pas un classement des lycées de France…


Le ministère a mis en ligne, hier, sur son site, les traditionnels « indicateurs de résultats » des lycées. Se défendant d’établir un palmarès des bons et mauvais établissements, la rue de Grenelle évoque une simple « information » aux parents.

Tel Magritte et son tableau d’une pipe intitulé Ceci n’est pas une pipe, le ministère de l’Éducation a présenté, hier, les traditionnels indicateurs de résultats des 4 000 lycées, publics et privés, au baccalauréat 2009. Tout en précisant que ces chiffres ne constituaient en rien un palmarès des bons et mauvais établissements. « Il ne s’agit pas pour nous d’établir un classement, mais de produire la meilleure information possible », a promis Michel Quéré, directeur de l’évaluation, de la prospective et de la performance au ministère.


Sur fond de suppression de la carte scolaire


De fait, l’outil de mesure mis en place depuis 1994 par la rue de Grenelle ne se contente pas de relever les taux de réussite au bac. Il y ajoute deux autres indicateurs qui permettent d’affiner les jugements  : les taux d’accès au bac depuis la seconde et la première (utile pour savoir si l’établissement pratique l’écrémage des moins bons élèves) et la proportion de bacheliers parmi les sortants d’un lycée (utile pour connaître l’efficacité de la politique de redoublement du lycée). En outre, comme le profil des élèves accueillis a un effet sur les résultats, le ministère prend en compte l’origine sociale, l’âge, le sexe et le niveau scolaire à l’entrée au lycée, pour calculer une « valeur ajoutée » pédagogique de chaque établissement, par rapport à son académie et au niveau national.

« La réalité complexe des résultats d’un lycée ne peut donc être appréhendée qu’en croisant tous ces indicateurs, insiste Jean-Michel Blanquer, directeur général de l’enseignement scolaire (Dgesco). C’est pour cela qu’il ne faut pas faire de classement. » Seulement voilà  : ces chiffres rendus public sur le site du ministère (1) serviront immanquablement à alimenter, cette année encore, les hit-parades affichés en une des journaux et contribueront, comme l’a souligné hier dans la Croix la sociologue Agnès van Zanten, « à renforcer la réputation » – bonne ou mauvaise – de chacun des établissements sur fond de suppression de la carte scolaire. Une critique balayée hier par Jean-Michel Blanquer  : « Ce n’est pas le ministère qui fait les palmarès, c’est une question que les médias doivent se poser à eux-mêmes. »


Laurent Mouloud


(1) www.education.gouv.fr/indicateurs-resultats-lycees

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Tag(s) : #Education
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