Total : reprise du travail et vigilance
Forts des acquis de la négociation de mardi, les salariés ont suspendu la grève, hormis à Dunkerque, ou elle pourrait se poursuivre jusqu’à la réunion d’un CCE, le 8 mars.
Au lendemain d’une négociation marathon qui avait débouché, selon la CGT, sur des « avancées significatives », conduisant le syndicat à appeler à suspendre le mouvement de grève
engagé il y a une semaine, les salariés de 5 des 6 raffineries Total ont voté, hier, en assemblée générale, la reprise du travail. Sur le site de Dunkerque, en revanche, ils ont décidé la
poursuite de la grève, entamée le 12 janvier, à l’appel de l’intersyndicale locale SUD, FO et CGT. « Nous ne sommes pas pleinement satisfaits des conclusions de la négociation de mardi
qui ne confirme pas le redémarrage de notre outil de travail », a déclaré un délégué FO. Dans l’ensemble des raffineries, les syndicats ont insisté sur le fait que le vote portait
« sur une suspension de la grève », et qu’en tout état de cause, la mobilisation se poursuivait.
Lors des pourparlers de mardi, la direction de Total s’est engagée à ne procéder à aucune fermeture, ou cession, de ses raffineries au cours des cinq années à venir. S’agissant de celle de
Dunkerque, à l’arrêt depuis septembre, et jusqu’alors vouée à la fermeture, Total a « accepté de tout remettre à plat, on repart de zéro », indique Éric Sellini, délégué syndical
central CGT. La prochaine échéance est la réunion du comité central d’entreprise, avancée au 8 mars, au lieu du 29 mars initialement. Elle sera consacrée à l’avenir de la raffinerie des
Flandres ainsi qu’à la discussion d’un programme d’investissements, pour chaque installation, sur cinq ans, que la direction devra présenter. Parallèlement, les pouvoirs publics doivent
convoquer une table ronde sur le sort de Dunkerque, d’ici à la fin mars. Tandis que le gouvernement doit préparer une autre table ronde, à l’échelle nationale, prévue au deuxième trimestre,
afin de définir une politique industrielle pour le raffinage. Hier, le ministre de l’Industrie, Christian Estrosi, affirmait : « Je veux la réouverture de la raffinerie des
Flandres si jamais il n’y a pas un vrai projet de substitution. »
En tout état de cause, la négociation de mardi ne marque « pas la fin de l’histoire, on reste vigilants », souligne Éric Sellini. Dans un communiqué, hier, la fédération CGT de la chimie dégageait ainsi la signification des résultats obtenus mardi : « Ce qui était, hier, réservé à la seule initiative et décision patronale, à savoir la stratégie industrielle, est désormais sur la table, l’action ayant imposé un débat, une négociation avec les représentants des travailleurs. »
Yves Housson
http://www.humanite.fr/La-fermeture-de-la-raffinerie-des-Flandres-est-gelee
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