Au moins cinq personnes ont été tuées et d'autres blessées à Deraa, dans le sud de la Syrie, où "plus de 3.000" membres des forces de sécurité appuyés par des blindés ont pénétré lundi 25 avril dans la matinée, selon des militants des droits de l'Homme joints au téléphone par l'AFP. Il y a "des morts et des blessés", a indiqué un militant ayant pu entrer en contact avec Deraa. Il a ajouté que les habitants ne pouvaient pas confirmer le nombre de morts car "les corps sont dans la rue et ils ne peuvent pas les récupérer". "Des snipers ont pris position sur les toits et les chars sont dans le centre-ville", a-t-il ajouté.
Des centaines de membres des services de sécurité syriens, appuyés par des blindés, ont pénétré lundi dans la matinée dans Deraa (sud), après une vague d'arrestations menée ces derniers jours dans les rangs des militants opposés au régime du président Bachar el-Assad. Des tirs nourris étaient entendus, a indiqué à l'AFP un militant politique sur place. "Les hommes des services de sécurité sont entrés par centaines dans la ville, accompagnés de chars et de blindés", a déclaré à l'AFP à Nicosie l'activiste, Abdallah Al-Harriri, au téléphone. "Les hommes tirent dans toutes les directions et avancent derrière les blindés qui les protègent", a-t-il raconté. "L'électricité est coupée et les communications téléphoniques sont presque impossibles", a-t-il encore dit.
La contestation contre le régime syrien est née à Deraa où des dizaines de Syriens ont été tués.
Quatre personnes ont aussi été tuées dimanche par les forces de l'ordre à Jableh, près de Lattaquié, dans le nord-ouest de la Syrie, selon un militant des droits de l'Homme. Le nouveau gouverneur de la région s'était rendu en visite dans cette ville où il a rencontré des dignitaires à la mosquée: c'est après son départ que les forces de l'ordre ont encerclé la ville et ont commencé à tirer, a indiqué ce militant. Peu après, quelque 3.000 habitants de Banias, une ville située à une cinquantaine de kilomètres de Lattaquié, ont organisé en solidarité un bref sit-in sur l'autoroute reliant Lattaquié à Damas, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, basé à Londres.Ces quatre nouveaux décès portent à au moins 352 le nombre de personnes ayant péri depuis le début, le 15 mars, selon l'AFP
Dans un communiqué, 102 intellectuels et journalistes ont condamné "la pression des autorités syriennes" et ont appelé les journalistes travaillant dans les médias officiels à démissionner.
Dans un geste inédit, deux députés de Deraa et le mufti de la ville, plus haute autorité religieuse à Deraa, ont démissionné samedi pour protester contre la répression. Pour leur part, les autorités syriennes continuent à faire état de morts dans les rangs de la police ou l'armée, tués par "des gangs armés" à qui elles imputent le mouvement de contestation.
Human Rights Watch a demandé aux Etats-Unis et à l'Union européenne d'imposer des "sanctions" aux responsables syriens "responsables du recours à la force pour tuer les protestataires et de la torture de centaines de détenus après le carnage de vendredi".
Selon le Wall Street Journal, le gouvernement américain se prépare à appliquer des sanctions à l'encontre de hauts responsables proches du président syrien qui supervisent actuellement la répression.
En mai 2010, le président Barack Obama avait renouvelé pour un an les sanctions américaines visant la Syrie, accusant Damas de soutenir des organisations "terroristes" et de chercher à détenir des missiles et des armes de destruction massive.
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