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Article paru le 18 juin 2010 dans l'humanité

 

Selon l’Insee, la crise est durable


L’édition 2010 de l’Économie française, comptes et dossiers montre que la crise économique peut amputer le PIB, même en cas de retour de la croissance.

Si l’on en croit les crises survenues dans le passé, le redémarrage de la croissance après une récession finit par retrouver son rythme initial mais l’économie ne cicatrise jamais vraiment complètement. C’est en tout cas l’analyse que livre l’Insee dans son Économie française, comptes et dossiers, rendu public aujourd’hui. En s’appuyant sur les comptes de la nation, la nouvelle édition analyse les principaux événements économiques survenus en 2009 dans un contexte particulier  : « La plus importante récession de l’après-guerre », soit une chute d’activité de 2,6 %, après un solde positif de + 0,2 % en 2008.

Cette année, l’institut de statistique a choisi d’étudier plus particulièrement les « effets de la crise sur la croissance ». Il en ressort que l’économie française a été pénalisée par « la très vive contraction des exportations », qui ont baissé de 12,4 % en lien avec la chute du commerce mondial. L’investissement des ménages s’est aussi nettement replié (– 8,7 %, concernant les achats de logements neufs principalement). Seules les dépenses de consommation ont relativement résisté (+ 0,6 %). Cet attelage fragile est boosté par des « politiques budgétaires expansionnistes », mais aussi nettement ralenti par un « besoin de normalisation budgétaire » comme dans les plans de rigueur. L’Insee en tire la conclusion que les effets de cette crise devraient se révéler durables sur la croissance. « L’examen des crises bancaires survenues dans les pays de l’OCDE depuis une quarantaine d’années révèle que leur impact sur la croissance s’est longuement fait sentir », peut-on lire dans le document faisant état de trois scénarios possibles  : un scénario de « rattrapage » où la production et le chômage retrouvent leur niveau d’avant, un scénario « bas » qui entérine une rupture durable de croissance et un scénario « intermédiaire » qui permet de retrouver le niveau de croissance mais pas de compenser la perte de revenu. C’est l’hypothèse de l’Insee  : un retour de croissance mais sans jamais regagner le terrain perdu. « Le produit intérieur brut resterait inférieur de 6,5 % au niveau qu’il aurait atteint en l’absence de crise. »

Paule Masson

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Tag(s) : #Economie
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