Délit de grande vitesse, suppression des panneaux indiquant la présence de radars fixes et l'usage du téléphone au volant… Le gouvernement a pris mercredi plusieurs mesures pour tenter d'enrayer la hausse de la mortalité sur les routes.
Si la France, passée sous la barre des 4.000 morts en 2010, reste dans la moyenne des 27 pays de l'UE, la mortalité routière est repartie à la hausse depuis janvier (+10%). A la suite des mauvais chiffres d'avril (+20%), Matignon avait décidé de convoquer en urgence un comité interministériel. Au terme de cette réunion, à laquelle ont participé plusieurs ministres dont Claude Guéant (Intérieur), Thierry Mariani (Transports) et Xavier Bertrand (Santé), le gouvernement a décidé de renforcer la lutte contre les grands excès de vitesse, supérieurs d'au moins 50 km/h à la vitesse autorisée. Le chauffard sera passible de trois mois de prison et 3.750 euros d'amende. "Sur plus de 23.000 vies sauvées depuis 2002, 13.500 l'ont été grâce à l'amélioration du comportement des Français en matière de vitesse", a souligné Matignon, qui estime à "au moins 770" les vies qui pourraient encore être sauvées chaque année si les limitations de vitesse étaient respectées par tous.
Autre mesure prise pour "dissuader les excès de vitesse", les panneaux indiquant la présence de radars fixes vont être supprimés. Quant aux avertisseurs de radar, ils seront interdits avec des sanctions lourdes à la clé: jusqu’à deux ans de prison et 30.000 euros d’amende pour la vente, 1.500 euros et retrait de 6 points pour la possession. En outre, 1.000 nouveaux radars seront déployés d'ici fin 2012 et des radars mobiles de nouvelle génération, à partir de véhicules en circulation, seront expérimentés dès cette année.
En matière d'alcoolémie au volant, le gouvernement a renoncé à abaisser le seuil légal, maintenu à 0,5 g/l, alors qu'un abaissement à 0,2 g/l avait été évoqué. Par contre, tout taux supérieur à 0,8 g/l sera sanctionné par "le retrait de huit points au lieu de six".
Concernant le téléphone au volant, le gouvernement a écarté une interdiction de l'oreillette, comme cela a été fait en Espagne, mais va aggraver les sanctions. Téléphoner au volant donnera désormais lieu à une contravention de 4e classe, soit un retrait de trois points sur le permis au lieu de deux. Même durcissement en cas d'usage d'un "appareil à écran" autre qu'un GPS -1.500 euros d'amende et trois points-, ou encore la circulation sur la bande d'arrêt d'urgence.
L'accent est également mis sur les deux-roues motorisés, qui représentent "environ 24% des personnes tuées sur la route pour moins de 2% du trafic". Le port d'un gilet rétro-réfléchissant sera obligatoire, ainsi que la formation en cas d'interruption de conduite d'un deux-roues pendant cinq ans ou plus. Les plaques d'immatriculation seront de plus grande taille pour rendre "plus opérants les contrôles". La piste d'une interdiction de la remontée de files n'a pas été retenue. Le gouvernement a par contre écarté la réduction de la vitesse autorisée en ville, réclamée par certaines associations.
L'Automobile Club regrette que le plan sur la sécurité routière annoncé mercredi en France fasse une trop grande part aux sanctions malgré les avancées sur l'alcool au volant et revienne sur la transparence des radars. "La focalisation sur l'aspect 'radars' risque surtout, comme déjà constaté depuis 2005, d'augmenter le nombre de conducteurs sans permis", estime l'association française d'automobilistes dans un communiqué.
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