Il se dit serein. 2017 ? Il le sent bien. Expression dont il fut l’auteur lors des dernières semaines de 2007 au moment où il était certain de l’emporter : les sondages étaient à l’embellie. Expression reprise pour tenter de regonfler le moral des troupes. Le contexte est bien différent. Car, sondage après sondage, les photographies de l’opinion publique montrent les grimaces des soutiens qui l’ont fait président de la République.
Record d’impopularité
Les enquêtes ont un son de cloche identique. Manipulations ? Erreurs de révélateurs ? Difficile à croire tant la régularité s’impose. Parmi les dernières livraisons, celle du baromètre mensuel Ifop publié dans le Journal du dimanche. Nicolas Sarkozy recule encore d’un point par rapport au mois précédent avec 28 % d’opinions favorables. Ainsi, 3 % seulement des personnes interrogées (– 1) se déclarent « très satisfaites » du chef de l’État et de son action. Les « plutôt satisfaites » plafonnent à 25 % (stable). Parmi les mécontentes, les «plutôt mécontentes» se comptent autour de 25 % (+ 1) et ils sont 34 % (stables) à se dire «très mécontentes». Constat : la popularité de Nicolas Sarkozy n’a jamais été dans d’aussi basses eaux. Tous les commentateurs politiques s’accordent : il n’y a jamais eu de président-candidat réélu in fine en partant d’un aussi profond rejet de ses choix politiques. Échec garanti ou cas d’école ? La première hypothèse est retenue au sein d’une partie de la droite elle-même. Celle qui tente une recomposition politicienne en forme d’ultime manœuvre destinée à emplir des réservoirs de voix pour le second tour. Jean-Louis Borloo, Hervé Morin sont sur ce créneau.
Chute chez les électeurs FN
Il se murmure que Nicolas Hulot, ex-conseiller de Jacques Chirac, en serait. Alain Juppé croit encore sauver la droite avec le soldat Sarkozy, quand Dominique de Villepin et, dans un autre dessein, Jean-François Copé, estiment que le jeu de 2012 n’en vaut pas la chandelle. Et puis il y a les fantassins, les députés qui ont des comptes à rendre à leurs électeurs. Ils prennent du champ. Ou partent sur la pointe des pieds, tel le député-maire de Saint-Malo, René Couanau. Il quitte l’UMP et s’en va rejoindre les rangs, moins exposés, des non-inscrits : le débat sur l’islam pour convenance électorale personnelle et politicienne ou la constitutionalisation des mesures d’austérité contre les déficits publics ont été, avoue-t-il, des gouttes d’eau de trop dans un vase déjà à ras bord. Les comptes sont faits : Nicolas Sarkozy est ultra-minoritaire chez les ouvriers (80 %), les employés du privé (79 %), les cadres moyens (78 %), et les employés (75 %). Mais signe d’une stratégie électorale inadéquate, il perd désormais à gros bouillons parmi les sympathisants FN (– 10 points).
Vendredi, OpinionWay faisait ressortir des tendances similaires. Ses ministres les plus investis dans la droitisation, comme Claude Guéant, sont au fond du gouffre (– 7 points). À gauche, les personnalités considérées médiatiquement comme les plus compatibles avec le libéralisme, à l’instar de Dominique Strauss-Kahn, sont en baisse. Il est rattrapé par François Hollande, lequel est talonné par Martine Aubry. Face au désaveu, le président candidat rejoue les déplacements à caractères sociaux, comme en 2006 : cette fois, il mise sur les trous de mémoire.
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