Honnie pour son impact sur l’environnement, l’exploitation des gaz de schiste est devenue une attraction majeure pour les pays en quête de nouveaux gisements. Les États-Unis ont ouvert la voie. En 2000, le gaz de schiste ne comptait que pour 1% de la production totale de gaz naturel du pays. Il représenterait, aujourd’hui, près de 12% de cette même production. Certaines études poussent le taux jusqu’à 20%. Quoi qu’il en soit, l’exploitation de ce gaz non conventionnel a permis aux États-Unis de s’imposer sur le marché mondial du gaz naturel. D’importateur, le pays s’est hissé au rang de premier producteur mondial, s’assurant une quasi-autosuffisance en la matière.
Le fait est que l’exploitation du gaz de schiste augure d’une redistribution des cartes. Boostée grâce à l’avènement, en 2000, d’une nouvelle technique de forage – la fracturation hydraulique, tant décriée pour son impact sur l’environnement –, elle est devenue enjeu géostratégique, offrant des possibilités d’exploitation à des pays qui jusqu’alors n’étaient pas ou peu producteurs. Hormis chez ceux ne disposant pas de bassins sédimentaires, il est possible de trouver du gaz de schiste partout, notent certains géologues. À l’échelle mondiale, les réserves représenteraient près de quatre fois les ressources de gaz conventionnel. Alors que ces dernières pourraient décliner passé 2030, la chasse au schiste est désormais officiellement ouverte. Actuellement dépendante de la Russie, l’Europe n’est pas en reste. Elle lançait, en 2009, le consortium Gash, lequel se donne jusqu’à 2012 pour prospecter et évaluer les ressources exploitables sur le territoire. La France y participe, via l’IFPEN (Institut français du pétrole-Énergies nouvelles), dont les techniciens ont reçu pour consigne de plus communiquer sur le sujet pour le moment. Mais les estimations qui circulent actuellement offrent des perspectives variables. Certaines avancent que le volume exploitable en Europe n’excédera pas les 4 billions (4 000 milliards) de mètres cubes, soit dix fois moins que le potentiel américain. D’autres, au contraire, estiment que ce volume pourrait dépasser les 170 billions de mètres cubes, offrant au Vieux Continent une tout autre place sur l’échiquier commercial.
/image%2F0551212%2F20170620%2Fob_74cedc_bandeau-pcf.jpg)