Salaires: les syndicats du public claquent la porte
Un coup de semonce. Au lendemain de la mobilisation sur les retraites, les huit syndicats de fonctionnaires ont quitté, hier, prématurément la réunion de négociation salariale. En cause : le refus du ministre du Travail, Éric Woerth, de confirmer la hausse générale prévue au 1er juillet et de démentir un éventuel «gel des salaires» sur trois ans. «
Cette désinvolture est inacceptable et c’est pourquoi nous avons quitté la séance, a déclaré Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU. Nous avons tous bien compris que le gouvernement expliquait à tout le monde qu’il y a une crise parce que nous dépensons trop, alors que nous avions tous compris que la crise était celle du système financier.»
Une heure après cette séance houleuse, le premier ministre, François Fillon, a annoncé, lors d’une conférence de presse, que cet engagement n’était «pas remis en cause». Mais sans pouvoir, lui non plus, préciser la date de la prochaine réunion, ni confirmer que la hausse prendrait effet au 1er juillet. Les syndicats veulent négocier des augmentations générales de salaire, qui s’effectuent par la revalorisation, en euros, du «point d’indice». Le gouvernement, lui, parle de «salaire moyen», incluant les primes, promotions et heures supplémentaires, qui ne bénéficient pas à tous.
Les syndicats ont par ailleurs jugé le calendrier trop serré et déploré d’avoir reçu les documents de préparation que mercredi soir. «À quatre jours de l’échéance de la prochaine réunion, le ministre nous dit que le gel des salaires est la perspective la plus vraisemblable pour 2011, 2012 et 2013», s’est indigné Jean-Marc Canon (CGT). Qui rappelle que ce scénario représenterait «8% de perte de pouvoir d’achat», compte tenu des prévisions d’inflation.
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